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 Soirée épique [ PV Antonio ]

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Aza Rhys
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MessageSujet: Soirée épique [ PV Antonio ]   Sam 6 Mar - 18:41

Aza releva faiblement le col de sa longue veste noire, qui lui recouvraient entièrement le corps, lorsqu'un léger vent frais vint agresser sa peau. Le ciel s'était vite assombrit et le démon n'avait remarqués les heures tournées aussi rapidement. Ses pas se firent plus pressés. Il n'appréciait nullement ce quartier, et qu'une seule idée flottait dans son esprit à l'instant; retrouver son logis.

Même si cette partie de la ville n'était guère un lieu où l'on se sentait en sécurité, d'autant plus lorsque l'on était démon, il avait été comme obligé de fouiller cet endroit. Aza ne devait se permettre de le rayer de la carte. C'était l'un des derniers endroits de sa liste et loin d'être le plus plaisant. Mais pour la mission que le vieil homme lui avait confié, il pouvait bien faire quelques... Sacrifices.

L'artiste leva les yeux au ciel, apercevant quelques étoiles qui commençaient à se découvrir. La soirée était un des moments qu'il préférait le plus dans la journée. C'était si joli. C'était bien la seul chose qui ne changeait quelque soit où nous étions. Le même ciel qui couvrait notre belle planète. Aza aurait tout de même souhaité l'observer de son pays d'origine. La France lui manquait horriblement. C'était en majorité pour cela que ses pieds jonchaient le sol de ce quartier malfamé. Le démon devait mettre la main au plus vite sur l'homme qui était le motif de son déménagement au sein de cette ville, et lui donner cette lettre.

Et après le but accomplit, il rentrerait. Enfin.
Cela faisait approximativement 16 jours qu'il avait atterri dans la belle Venise, et on ne pouvait dire qu'il s'était reposer. Hormis le jour où il s'était accordé un peu de repos... Et ou celui ci avait été perturbé par un loup aux allures de chef de gang. Cet instant là, il ne su l'oublier. Cet homme l'avait mis tellement en rogne... Et puis, lui non plus n'avait été très aimable. Mais à l'inverse, il avait amplement mérité ces paroles, lui.

Le démon secoua lentement la tête, comme pour chasser ce moment qui revenait hanter son esprit. Il n'avait pas à de nouveau penser à ce lycan malpoli, de toute façon, il ne le verrait certainement plus avant son départ. Il devait se concentrer. Et surtout, quitter ce lieu au plus vite pour sa propre santé. L'artiste ne le trouverait pas ici. Il avait déjà ratisser un bout du quartier sans indices concluants. Pourtant, ce n'était pas comme si il se lançait sans rien dans cette recherche. Le démon avait réussi à créer le portrait du fils à partir de souvenirs de la peinture qu'il avait vu et auquel il s'était épris plus jeune. Évidement, en lui donnant quelques années en plus, il l'avait en partie imaginé. Le portrait ne pouvait être ressemblant à 100% mais il pouvait tout de même s'y fier en partie.

Il entoura un peu mieux sa veste sur son corps, en y rangeant avant le papier dans l'une de ces poches intérieurs. La recherche allait en rester là aujourd'hui. Sa marche se fit plus douce, son regard parcourant les lieux d'un air soupçonneux. Mis à part la débauche dont ce lieux faisait preuve... Quelques choses le gênait. Il s'immobilisa un instant et ferma les yeux, faisant apparaître chez les passants une forme d'interrogation. Oh oui, il la sentait. Une présence lycane qui suivait ses mouvements.

Son pressentiment avait vu juste. Ses réflexions fusèrent afin de trouver une solution pour se débarrasser de ce loup, de lui faire abandonner toute poursuite envers sa personne. Tout cela dans la non violence, cela va sans doute. Il était tout proche, seulement. Aza pourrait certainement le voir clairement, si du moins il se retournait. Mais cela l'alerterait sans doute d'autant plus qu'il ne devait l'être.

Il n'avait vraiment le choix, il allait devoir l'affronter. Cette fois-ci, fuir ne ferait qu'amorcer sa possible attaque et il n'allait non plus rester dans ce quartier toute la nuit, jusqu'à temps qu'il se lasse. Sa patience avait certaines limites, aussi. Il se mordilla le coin de la lèvre. Cela allait nullement être une partie de plaisir.

Une minute. Ses sourcils se froncèrent davantage, soucieux. Il ferma les yeux pour un minimum de concentration, s'arrêtant de nouveau, les ouvrant à peine quelques secondes après. Cela confirmer son appréhension. Deux autres lycans venaient de pénétrer dans son périmètre, et ils approchaient vite. Très vite. Trop vite même. Face à un lycan, il pouvait encore tenir et lui échapper en utilisant la ruse mais trois... Cela lui était juste impossible.

Il l'obligèrent à prendre retraite dans une ruelle, qui n'était autre qu'une sans issue. Le démon s'enfonça bien malgré lui à l'intérieur de cette dernière, déterminant ainsi son triste sort. Les trois silhouettes se dessinèrent assez rapidement à ses yeux, un sourire fier et vainqueur suspendu à chacune de leur lèvres. Les lycans l'entourèrent facilement. Il n'opposait aucune résistance aussi. Il ne voulait leur faire du mal, pensée idiote vu que de toute façon, il ne savait se défendre correctement.

« Hey, regardez ce qu'on à la les gars. »
« Une pauvre brebis égarée. »
« Il faudrait peut-être l'aider, qu'en pensez vous ? »


L'un d'eux le maîtrisa, emprisonnant ses bras derrière son dos. Cette fois-ci, il essaya de se libérer de cette maudite prise, mais le jeune loup le maintenait d'une poigne de fer. Le ton qu'employait ces jeunes gens ne lui laissait pressentir que malheur à venir. La peur commençait lentement à se faire sentir. Son coeur s'agitait une nouvelle fois, comme le jour de cette fameuse rencontre avec ce lycan. Il en regretterait presque sa compagnie. Un de ses assaillants approcha sa main de son doux visage, ses ongles légèrement métamorphosés en de plus aiguisées, les laissant traîner le long de sa joue.

« Il n'a pas l'air menaçant pour un ducat. »
« Il est plutôt mignon pour un démon. »
« Qu'est ce qu'on en fait maintenant Léo' ? »
« On va un peu s'amuser... »


Un sourire mauvais fleurit sur le visage du lycan qui lui faisait face, son regard traduisant largement à quels genres de jeux ils allaient s'amuser. Un long frisson d'effroi parcouru son échine à cette vulgaire pensée. Aza n'appréciait absolument pas la tournure que prenait les évênements, et aucun mot ne voulait sortir de sa bouche. Celui qui le maintenait le força à s'abaisser avec plus ou moins de difficulté. Mais finalement, le loup remporta la bataille. L'artiste ne faisait vraiment pas le poids.

Il était à présent à genoux, mais pas encore satisfait de cette position, ils le forcèrent à se coucher de tout son corps contre le sol douteux de la ruelle. Son coeur palpitait de plus en plus, tellement fort qu'il cru que son organe allait rendre les armes. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur lorsqu'il sentit une main s'infiltrer sous son haut. Il se débattit en vain, un des loups le calmant aussitôt.
C'était vraiment misérable d'être aussi inoffensif. C'était aussi terriblement humiliant.

« Chhuuut, calmes toi. Tout va bien se passer. »
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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Dim 7 Mar - 21:52

Le quartier Cannaregio.

Territoire des loups et des mendiants. Le seul endroit qui est à l’image du monde sans aucun artifice. Ici tout était sale et pauvre, ici on pouvait trouver du sexe pour quelques ducats et de l’alcool à volonté. Ici se déroulait les pires vices et personne ne s’en cachait. Ni les mendiants, ni les prostitués, ni les clients avides de chaire fraiche. On retrouvait ça partout ailleurs à Venise, chez les mortels et les démons ou même chez les loups, mais ils s’en cachaient. Projetant au monde extérieur une image lisse alors que dans l’intimité ils ne valaient pas mieux que ceux qui fréquentaient ce quartier.

C’était également le seul endroit de Venise où peu de démon osaient s’aventurer, et les quelques courageux qui le faisaient finissait par repartir en piteux état où n’en ressortait jamais. Il n’y avait à proprement parlé personne qui contrôlait ce quartier, c’était régentait par la loi du plus fort. On s’y déplaçait généralement en groupe, ou parfait en solitaire quand on recherchait quelque chose de précis. Et quand les choses s’envenimaient, on se pliait devant le plus fort, tout simplement. Un jour ça pouvait être tel loup, et un autre jour, un autre loup. Pas de chef, pas de règle.

Ce n’était pas vraiment l’endroit préféré d’Antonio, mais au moins, c’était le seul endroit où ils pouvaient sortir de leur tanière sans avoir à se cacher aux yeux de tous, et plus particulièrement des démons. Les lycans régnaient en maître ici, bien qu’avec certaines limites car les rixes entre les deux Meutes étaient récurrentes et parfois même causé par la moindre petite stupidité.

Actuellement, il se trouvait dans une ruelle du quartier, installé en une d’une pile de caisse tandis qu’au-dessous de lui, trois de ses compagnons se divertissaient comme ils pouvaient, plusieurs bouteilles de rhum déjà bien entamés. Deux entre eux s’amusaient à se battre, sans animosité mais sans prendre de gant non plus, tandis que le troisième les encourageait ou se moquait quand ils rataient tel ou tel coup.
Antonio les observait à la fois d’un air impassible et las, une bouteille de rhum étant elle aussi bien entamé dans les mains.

La nuit avait lentement repris ses droits sur la journée, indiquant au jeune loup que ça faisait maintenant de longues heures qu’ils avaient quittés les catacombes, mais aucun des quatre loups n’étaient pressés de rentrer. Ils avaient besoin de distraction et le quartier Cannaregio était l’endroit idéal où ils pourraient s’amuser sans craindre pour leur vie… à moins de tomber sur des lycans de la Seconde Meute bien sûr. Mais ils étaient quatre, et Antonio ne craignait donc pas d’attaque surprise.

Plusieurs fois, ses compagnons l’avaient invité à se joindre à leur petite rixe, mais Antonio avait décliné. Ce jeu puéril ne l’intéressait pas. Quand il combattait, il le faisait pour survivre, non pas pour s’amuser. Mais il ne les blâmait pas pour ça, chacun avait sa propre façon de jouer, et Antonio préférait grandement qu’ils le fassent entre eux plutôt qu’ils aillent défier les lycans des autres meutes.
Etouffant un bâillement, Antonio prit cela comme un signal. Il se leva et sauta souplement à terre, attirant l’attention de ces compagnons sur lui, qui le regardèrent avec interrogation.

« - Je rentre. » Se contenta-t-il de dire. « - Restez prudent. »

Ses compagnons hochèrent la tête sans discuter, bien conscient que leur chef n’était pas du genre social et reprirent leur activité tandis qu’Antonio quittait la ruelle.

Bien qu’il se sente fatigué, il était suffisamment alerte pour traverser ce quartier sans crainte. De plus, quand on le voyait, on réfléchissait un peu à venir se frotter à lui. Sa silhouette grande et élancée et son aura menaçante, entièrement vêtue de noir rebutait les plus chétifs, et sa longue épée pendu à son côté et la poignée d’un poignard dépassant d’une de ses botte finissait de dissuader les plus intrépides. La seule touche de couleur visible chez lui était un morceau de tissu qui un temps banc noué autour de son poignet.

Il étouffa un autre bâillement et accéléra le pas, pressé d’arriver aux Catacombes et de pouvoir prendre quelques heures d’un sommeil qui lui faisait défaut depuis plusieurs semaines. Deux semaines pour être exact. Il avait beaucoup de mal à trouver le sommeil, et quand il y arrivait, ses rêves étaient peuplés de silhouettes longilignes aux longs cheveux noirs qu’il poursuivait inlassablement et il finissait toujours par se réveiller en sursaut quand la silhouette se tournait vers lui… Antonio refusait d’admettre de qu’il connaissait cette silhouette et il n’arrivait pas à comprendre pourquoi son subconscient était resté bloqué sur ça. Même s’il ne le voyait plus, ce démon arrivait à le tourmenter jusque dans ses rêves.

Il retint un grognement rageur et accéléra un peu plus sa marche alors que ses yeux voyageaient tout autour de lui. La nuit était tombée, et Antonio avait de ce fait retiré le cache qui lui masquait l’œil droit, sa pupille étant moins agressé par l’obscurité, et permettant ainsi d’élargir son champ de vision.

Alors qu’il observait les alentours, il stoppa brusquement sa marche. Si brusquement que la personne qui marchait dans son sillage le bouscula dans le dos. Mais Antonio ne fit nullement attention à ça, et encore moins à l’insulte qu’il récolta. Non, ses yeux étaient braqués sur une silhouette se trouvant à une bonne vingtaine de mètres, une silhouette qu’il aurait reconnu partout, et pour cause, c’était celle qui revenait le hanter chaque nuit.
Ses sourcils se froncèrent alors. Que faisait un démon ici ? Et surtout, QUE faisait ce démon ici ? Il n’avait aucune âme de combattant, c’était donc du suicide de s’aventurer dans cette partie de la ville. Et au vu de la carrure du démon, il finirait tôt ou tard par se faire remarquer par des loups avides de sang et de sensation forte.

Ses craintes se révélèrent exactes quand il vit le démon brun bifurquer dans une ruelle, aussitôt suivi par trois lycans. Les problèmes venaient de commencer pour le démon. Les sourcils d’Antonio se froncèrent encore plus, et il se détourna brusquement avant de s’éloigner à grands pas. Si le démon avait des problèmes, ça ne le regardait pas. Il n’en tirerait rien de bon d’aller fureter au niveau de la ruelle où ils avaient disparus, et franchement, il s’en fichait complètement de ce qui pouvait bien arriver à ce démon de malheur.

Parfaitement, il s’en fichait. Et puis, il l’avait bien cherché. Tout démon qui se respecte ne vient pas flâner dans un quartier contrôlé par les lycans. Voilà, il aurait ce qu’il méritait. Au mieux il aurait droit à quelques coupures et quelques bleus, au pire… il se retrouverait baignant dans son sang, rendant son dernier souffle dans cette ruelle sordide…

Il secoua la tête pour chasser ses pensées. Il s’en fichait. Il s’en fichait. Il s’en fichait. Il s’en fichait. Il s’en fichait. Il s’en fi…

« - Fais chier ! » Gronda Antonio en faisant volte-face et fonçant vers la ruelle.

Au moment où il tourna dans la ruelle correspondit au moment où un des trois lycans commençait à déshabiller le démon. Le sang d’Antonio se glaça un moment dans ses veines en voyant le spectacle. Il s’était attendu à tout sauf à ça. Mais ce n’était pas le moment de jouer les stupéfait, il devait intervenir s’il ne voulait pas que ce démon se fasse violer sous ses yeux.

Il tira le poignard de sa botte et d’un geste précis du bras, il le lança droit sur le lycan qui était le plus près du démon, c’était à dire celui qui était en train de le maintenir au sol. La lame parfaitement bien aiguisée du poignard alla se planter avec précision dans le front du lycan avant que ce dernier ne comprenne ce qui lui arrivait, et il s’affaissa sur le côté, raide mort. Il y eut un moment de stupéfaction générale dans le groupe avant que les deux loups restant ne se tournent vers l’entrée de la ruelle et n’aperçoive Antonio qui s’avançait vers eux.
Un des deux hommes s’élança alors vers lui dans le but de lui faire payer la mort de leur compagnon, tandis que le second restait près du démon.

« - Espèce d’enfoiré. » Hurla le loup en se jetant sur Antonio, mais ce dernier sortit alors son épée de son fourreau et d’un geste habile et fluide, frappa son adversaire au niveau du ventre, la lame s’enfonçant facilement dans ses chairs comme si c’était aussi mou que du beurre. Le lycan tomba au sol avec un geignement de douleur, les deux mains plaquées sur son ventre ensanglanté.

Antonio continua son avancée et braqua ses yeux sur le lycan restant qui n’était plus vraiment aussi assuré qu’au tout début.

« - Dégage et emmène cette loque avec toi. » Ordonna Antonio d’une voix froide en désignant le loup blessé.

Le lycan ne se le fit pas répéter deux fois et bondit vers son ami pour l’aider à se relever, et ils quittèrent la ruelle aussi vite qu’ils le pouvaient, abandonnant sans remord le cadavre de leur ami.
Antonio poussa un imperceptible soupir de soulagement. Heureusement pour lui, ce n’étaient pas des lycans de la Seconde Meute, mais seulement des petits voyous appartenant à une petite meute quelconque. Nul doute qu’ils ne tarderaient pas à revenir avec plus de renfort si jamais il prenait l’idée à Antonio de rester plus longtemps dans le coin.

Il ne perdit donc pas plus de temps que nécessaire et saisit avec brusquerie le bras du démon pour le remettre sans ménagement sur ses pieds.

« - Vous êtes vraiment stupide ou quoi ? » S’écria-t-il alors en commençant à le tirer de force vers l’entrée de la ruelle. « - Les démons ne se baladent pas ici ! A moins de vouloir mourir ! Avez-vous autre chose dans le crâne que ce poids-chiche qui vous sert de cerveau ? Vous vous attendiez à quoi ? Qu'ils vous laissent déambuler sur notre territoire sans vous cherchez de problème ? Apprenez à rester à votre place, nom d'un chien ! »
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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Mar 9 Mar - 15:29

Cette phrase dont l'effet était sans doute de le rassurer un minimum, ne faisait qu'amplifier l'angoisse qui le rongeait actuellement. Il s'était bien imaginé de multiples situations lorsqu'il avait franchi la frontière de ce quartier, mais jamais il n'avait songé à cette possibilité qui était on ne pouvait mieux dire amplement embarrassante. Il ne comprenait pas. Il subissait cette haine sans pour autant en connaître son origine.

Dans sa ville natal, il n'avait jamais eu à supporter quoique se soit de semblable. Oh bien sûr les conflits existaient, le démon n'habitait pas non plus une ville Sainte, mais ils ne semblaient être aussi fréquents qu'en ces lieux. Cependant ceux ci ne se créaient seulement entre démons et lycans, toutes races étaient confondues - Même si les rixes entre humain et un être d'une des autres races se faisaient plus rares. Ils gardaient tout de même une certaine discrétion. Dans la belle Venise, cela paraissait n'être que les deux espèces les plus fortes qui se livraient lutte.

Du moins, c'est ce qu'il avait pu constater lors de son court séjour ici. Et cela ne le ravissait nullement mais emplissait seulement le désir qu'il éprouvait de rentrer dans sa douce France. Si un jour il rentrait, toutefois.

Comme cette balade qui ne devait être sans anicroche se développait, les doutes commençaient doucement à planer. Aza se mordait la lèvre inférieur, priant pour que cela cesse - même si il était aucunement croyant. Le démon ferma les yeux, se concentrant afin d'amoindrir le rythme de son coeur. Les lycans semblaient friand de la détresse dont il faisait preuve. Qu'y avait-il d'amusant dans l'acte ? Ou était ce juste peut-être pour appuyer leur autorité. De toute façon, qu'importait les excuses que le jeune démon pouvait leur trouver, ce comportement était tout à fait immorale et stupide.

Ses sourcils se froncèrent un bref instant, analysant involontairement le périmètre. Un autre lycan venait en leur direction, et assez rapidement... Il ne savait si il devait s'en sentir soulagé ou s'il devait jeter les armes maintenant sans attendre. D'un coté... Cette présence lui était comme familière... Sans doute avait-il du le croiser précédemment, mais il n'avait aucune certitude.

Lorsque l'un de ses assaillants souleva le pan de sa chemise, son esprit revint de suite au moment présent, chassant ses réflexions sur la présence lycanne qui se dirigeait dans cette même ruelle. Il opposait une faible résistance, demeurant sourd face aux paroles tranquillisantes de ces loups immatures. Sans qu'aucun homme présent ne se rende compte, l'un d'entre eux était mort, une dague plantée précisément dans le front. Aza pu observer la scène de la meilleur place qui soit. Le démon en resta le souffle coupé un moment, sans vraiment saisir la situation qui balançait en sa faveur, puis l'horreur vint lui frapper aux yeux lorsque le lycan qui le maintenait tomba à ses cotés, plus une once de vie parcourant son corps.

un lourd flottement suivit la mort du loup, tout les regards dirigés sur l'auteur de ce méfait. Aza lui avait toujours le regard focalisé sur la victime inerte, une lueur stupéfaite et horrifiée à la fois étincelait ses iris. Il se releva pratiquement d'un bon, se positionnant assit et l'attention complètement fixée sur le cadavre. Quelle horreur fut sa seule pensée compréhensible.

Il n'assista à la scène opposant son sauveur à l'un de ses agresseurs. Il détourna le regard du corps qui jonchait la ruelle que lorsque arriva à ses oreilles une gémissement de douleur. Le démon vit alors un second homme à terre, se tenant le ventre ou le sang affluait à flot. Son cerveau semblait se mettre au repos alors que les événements commençaient doucement à lui échapper. Son esprit s'abrutissait à chaque seconde qui défilait. C'était le mot, oui, il était totalement abruti. Incapable de réagir.

Ses yeux dérivèrent sur la silhouette de son bienfaiteur qui ordonnait au deux survivants de déguerpir au plus vite. Et là, son regard se fit entièrement surpris. Il l'observait avec une incompréhension totale. C'était donc bien le loup de la dernière fois... mais, il ne comprenait pas. N'avait il dit qu'il n'avait aucune valeur ? Dans ce cas, pourquoi être venu à sa rescousse ? Il aurait très bien pu ignoré le pétrin dans lequel il s'était mis.

Le geste qui suivit eu le don de le secouer, le loup l'agrippant abruptement le bras pour le redresser. La colère semblait envahir son corps, alors qu'il le traitait une nouvelle fois de personne stupide. Il en prenait l'habitude. Elle le submergeait certainement car il avait du changer ces plans de soirées... mais il pouvait néanmoins déceler une once, aussi minime soit-elle, d'inquiètude. Oh oui, il en était persuadé.

Le jeune loup l'emmenait sans douceur vers l'entrée de la ruelle, tout en continuant de lui déverser insultes et réprimandes. Bien sûr qu'il n'était idiot. Bien sûr qu'il avait bien deviné que ces lieux n'étaient un endroit où mettre les pieds. Bien sûr, il savait. Il avait bien senti que sa présence n'était pas désirée. Mais il n'avait eu nul autre choix. Et il ne se permettrait pas de se faire réprimander, surtout par une personne qui ne savait rien de lui. Le sauver ne lui avait donné le droit de le rabaisser plus bas que terre.

Avant qu'ils ne rejoignent la rue principale, le démon repris pour un instant le contrôle de la situation, semblant atterrir parmi les vivants. Aza opposa un mouvement de résistance afin d'attirer l'attention du lycan et ainsi stopper leur avancée.

« Vous allez me traiter à chacune de nos rencontres ? Je ne vous permet pas de me juger de la sorte, vous ne savez même pas pourquoi je suis ici et de toute façon, cela ne vous regarde absolument pas. » Il soupira vaguement, comme pour évacuer le peu de colère qui s'était installé dans sa voix. « Vous n'auriez pas du venir me secourir, même si je vous en suis infiniment reconnaissant. » Son regard se perdit un instant à l'intérieur de la ruelle ou le cadavre siégeait toujours, le ramenant sur le lycan tout aussitôt, les sourcils légèrement froncés en signe d'inquiétude. Sa main libre vint entourer celle du loup enfin de lui signaler gentiment de lâcher prise. « Vous devriez me laisser et partir d'ici. Je ne me laisserais plus avoir bêtement, ne vous en faites pas. »
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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Mer 10 Mar - 13:49

Alors qu’Antonio trainait plus qu’il ne conduisait le démon vers la sortie de la ruelle et qu’ils n’étaient plus qu’à quelques mètres à peine de la rue principale, il sentit alors une résistance inattendue alors que ce dernier se stopper et l’empêcher d’avancer comme bon lui semblait.
Excédé, Antonio se tourna alors vers le démon, ses yeux le fusillant allègrement. Mais qu’est-ce qu’il faisait maintenant ? Cet idiot ne comprenait-il pas dans quel pétrin il s’était fourré ?
Cependant, avant même qu’Antonio n’eut le temps de le brusquer à nouveau et de recommencer à le trainer le plus vite possible loin d’ici, le démon s’emporta à son tour.

L’espace de quelques secondes, le jeune loup fut étonné par l’éclat du démon qu’il venait de secourir, et l’entendre parler le conforta dans la première impression qu’il avait eu quelques minutes plus tôt. Ce démon n’avait vraiment aucune idée de l’endroit où il se trouvait et ne comprenait certainement pas tous les problèmes qu’il avait engendrés dès l’instant même où il avait posé un pied dans ce quartier.

Il eut un rire vraiment cynique quand il entendit les dernières paroles du démon et le toisa avec un amusement mêlé à une légère impatience.

« - Vous pensez ne plus vous faire avoir ? » Demanda-t-il en croisant les bras sur la poitrine. « - C’est vraiment la chose la plus risible que j’ai entendu de votre part. »

Puis il reprit son sérieux, sachant que ce genre d’attitude n’était peut-être pas ce qu’il fallait pour parler à ce démon, qui semblait se braquer à chaque mot qu’il prononçait. Et si Antonio voulait que ce démon le suive bien gentiment hors de cette ruelle, puis hors du quartier sans qu’ils ne s’attirent encore plus d’ennui, peut-être valait-il mieux changer d’attitude.
Après tout, la première fois qu’ils s’étaient rencontrés, il avait rapidement remarqué que ce démon n’était pas vraiment un démon comme les autres. Et à voir sa réaction aujourd’hui, c’était plus que flagrant. Quel genre de démon serait-il choqué par la mort d’un lycan ? Quel genre de démon pourrait penser déambuler en toute confiance dans Venise ?
Antonio ne savait pas d’où celui-ci venait, mais une chose était sûr, il n’était pas très au courant des relations plus que tendus qu’entretenait les deux races, ni la guerre sans fin qu’ils se menaient depuis maintenant de très nombreuses années. Peut-être que ce démon venait d’un pays où là-bas, une telle haine n’existait pas, mais quoi qu’il en soit, il devait maintenant se plier aux règles de survie de Venise où jamais il ne repartirait vivant.

« - Ecoutez, j’ai l’impression que vous ne comprenez pas du tout ce qui se passe ici. » Commença le loup avec un semblant de calme. « - Mais si vous ressortez de cette ruelle sans aucun dommage, d’autres loups vous tomberont dessus, parce que vous n’avez pas le droit d’être là. Aucun démon ne se promène là parce que c’est un territoire lycan, le seul qu’on a réussi à conserver malgré le règne tyrannique de Botelli qui cherche à nous exterminer. »

Sur ce, il reprit d’un geste autoritaire le poignet du démon et entreprit de le tirer à nouveau hors de la ruelle.

Dès qu’ils mirent un pied hors de la ruelle, Antonio croisa le regard d’un lycan posté tout près et les toisa avec méfiance. Il faut dire qu’un lycan et un démon ensemble n’était pas une chose très courante. Antonio resserra sa prise sur le poignet du démon et l’entraina aussi rapidement que possible loin d’ici, tous ses muscles tendus à l’extrême.

Il se maudissait vraiment intérieurement, il avait presque ordonné à ses compagnons de rester prudents, ce qui signifiait en d’autres termes, de ne pas s’attirer d’ennui avec les autres loup-garou, et lui, il allait pratiquement défier l’ensemble du quartier en aidant ce démon à partir. Mais visiblement, il perdait la tête dès qu’il s’agissait de ce démon-là.

Qu’avait-il donc de si particulier pour le perturber à ce point ? Lui qui n’avait jamais laissé personne l’atteindre et l’affaiblir à ce point.
Mais une chose était sûre, c’était qu’il s’était mit dans une mauvaise position en aidant ce démon a échapper aux traitements que tout démon subissait en entrant ici, alors il ne comptait pas le laisser maintenant, que ça plaise ou pas au principal concerné.

« - Je me suis attiré des ennuis en vous aidant, alors faites-moi plaisir, suivez-moi sans faire d’histoire. »
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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Dim 21 Mar - 17:50

Aza ne croyait véritablement à ces propres paroles. Son pouvoir lui était utile lorsqu'il s'agissait d'éviter une ou plusieurs personnes dans des endroits restreints, là il était capable de semer n'importe qui. Mais lorsqu'il s'agissait du quartier entier auquel il fallait porter méfiance... Cela était beaucoup plus compliqué et loin d'être dans ses cordes. Si cette phrase avait franchi ses lèvres, c'était juste pour en quelque sorte ne plus être un poids - même si ce loup le considérait largement comme tel, il s'en rendait bien compte.

Il ne désirait mêler qui que se soit dans ses affaires, surtout quand celles-ci basculaient vers une mauvaise passe. Le démon ne souhaitait causer problème à personne et pourtant, il y réussissait même contre toute sa volonté. Il ne voulait pas d'aide. Ni de ce lycan, ni de quiconque dans cette ville. C'était ce qu'il avait essayé de faire passer gentiment dans ces paroles. Tout ce qui en résulta, ce fut un rire cynique de son sauveur.

L'artiste fronça les sourcils et soupira discrètement d'une exaspération contenue alors qu'il n'écoutait qu'à moitié les moqueries de son homologue.

Le destin possédait de temps à autres un humour qui surpassait largement le sien. Il aurait pu lui envoyer n'importe qui, ou même n'importe quoi, afin de lui apporter un quelconque secours. Un rien l'aurait satisfait. Et Il avait fallu que ça tombe sur lui, ce lycan. Malgré le temps qui s'était écoulé, il n'avait oublié l'impertinence dont il avait fait preuve. Ni son manque cruel de courtoisie. Ce même lycan aux intentions douteuses envers sa personne. D'ailleurs, le démon n'avait jamais su ce que lui avait voulu ce loup la dernière fois. Aza s'était plusieurs fois posé fugacement la question.

Si il connaissait ce que représentait ce jeune loup, quel statut il valorisait, sans doute cette question ne se serait jamais immiscée dans son esprit. Au vu de ses dernières performances, il était inutile de souligner que lui par rapport au démon avait une certaine expérience et habilité dans l'art du combat. Ce point le refroidissait intégralement. Ce lycan ne semblait ressentir aucun état d'âme après avoir ôter la vie pourtant d'un de ces semblables. Comment pouvait-on tuer avec autant d'impassibilité ? Cela le laissait juste sans commentaire.

Le ton de sa voix plana de nouveau dans l'air, se lénifiant faiblement. Il lui expliqua la situation de cette ville à la va-vite. Botelli, c'était un nom de famille qui ne lui était pas indifférent. Oui, bien sur, vu qu'il s'agissait du Prince de la belle Venise. Aza en avait entendu vaguement, de ce règne tyrannique, comme disait le loup. Mais jamais véritablement il s'en était soucié, vivant loin de ces terres. Le démon ne s'imaginait l'exagération poussée à ce point.

Aza haussa faiblement un sourcil. Décidément, il ne comprendrait certains de ces congénères démoniaques. Cette folie maladive que de croire être la seule créature sur cette terre à avoir des droits, d'être supérieur à toutes les autres races, le dépassait entièrement. Pour lui, tout le monde était logé sous la même enseigne. Enfin, comme partout, il fallait bien quelques illuminés pour former un monde.

Sur ces dernières paroles, le loup reprit possession de son poignet et l'entraîna de nouveau hors de cette maudite ruelle. Cette fois ci, il n'opposa aucune résistance et se laissa guider par le lycan. Se n'était pas qu'il n'avait voulu en imposer mais lorsque ces doigts se resserrèrent avec plus de fermeté sur son membre, il céda. Si ce lycan désirait vraiment lui apporter de l'aide, il se plierait à sa volonté.

Cette ville apparaissait nettement moins accueillante de jour en jour. Vivement qu'il termine ce qu'il avait à y faire qu'il puisse enfin rentrer chez lui. Son regard voyageait à travers le quartier. Le démon ne pensait à de nouveau remettre les pieds dans ces lieux. Des yeux curieux et étonnés se posèrent sur leur passage, d'autres encore les foudroyèrent du regard mais restaient néanmoins à leur place, contrastant avec leur attitude.

Traité le de naïf ou d'insouciant si vous le désirez mais Aza, lui, ne voyait nullement ou cela gênait certains individus. Ce bout du monde était vraiment, mais vraiment étrange. En même temps, de ce que le loup lui avait expliqué, il pouvait aisément les comprendre. Qu'il serait doux de rejoindre sa tendre France.

« Si vous désirez quitter au plus vite ce quartier, je vous conseillerais de prendre la première ruelle à votre droite. » S'exclama-t-il calmement. Si il ne souhaitait l'écouter, qu'à cela ne tienne. Il ne l'obligerait en rien de le faire. Pour l'instant, il ne sentait aucune présence qui les poursuivait. Tant mieux, d'ailleurs. Pouvait-il naïvement croire qu'ils auraient abandonné l'idée de vengeance ? Le grondement de colère et d'humiliation qu'il avait senti gronder de l'intérieur du seul lycan qui n'avait été blessé, lui confortait dans son opinion. Il était évident que non. Mais ils ne les traqueraient certainement pas dans tout Venise pour autant. Sa voix s'éleva jusqu'au oreille du loup une nouvelle fois, comme pour détendre vaguement l'atmosphère. « Je me nomme Aza, et vous ? » Il était claire que ce n'était la meilleur situation afin de faire de correcte présentation, mais qu'importait.



[ disoulé du retard, en plus, l'est même pas gégé T^T ]
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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Lun 29 Mar - 11:59

Antonio fut heureux de constater que finalement le démon se laissait faire sans plus aucune résistance. Finalement, peut-être avait-il comprit le danger de la situation et laisser donc le loup l’aider, du moins il espérait que c’était ça, et il espérait qu’une fois qu’il aurait le dos tourné près à reprendre sa vie normale, le démon ne se jetterait pas à nouveau tête la première dans des problèmes plus gros que lui.

Il entraina donc le démon brun à travers les rues, marchant aussi vite qu’il le pouvait sans vraiment prêté attention au démon et s’assurer qu’il suivait le rythme et qu’il ne risquait pas à tout moment de s’étaler par terre. A vrai dire, Antonio n’avait plus qu’une idée en tête : sortir de ce fichu quartier et qu’importe si le démon finissait trainé par terre ou sur ses deux pieds.

Il était vraiment tendu par la situation, et plus les minutes s’écoulaient, plus la tension augmentait et sa main se resserrait de plus en plus fortement sur le fin poignet du démon. Pour le moment, les autres loups restaient à leur place, le fait qu’il était là les refroidissaient légèrement d’agir, mais Antonio savait que tôt ou tard, il y en aurait un ou plusieurs qui n’auraient pas froid aux yeux et leur tomberait dessus… sans oublier les autres lycans qui risquaient de venir réclamer vengeance après la mort d’un des leurs, la blessure d’un autre et la disparation de leur proie… et Antonio espérait de tout son cœur que cela arrive une fois que le démon serait loin de ce quartier et à nouveau près de ses congénères qui pourraient le défendre à défaut de pouvoir le faire lui-même.

La tension était telle que quand la voix fluette et calme du démon s’éleva dans les airs, lui indiquant la route à suivre, Antonio se hérissa presque de tous ses poils. « - Je sais où je vais ! » Lui répliqua-t-il durement avant de bifurquer brutalement dans la direction que le démon venait de lui indiquait.

Non mais il croyait quoi ce démon ? Pensa-t-il, énervé par cette situation. Il avait pratiquement grandi dans cette ville, sauf si on omettait ses années de détention, il connaissait parfaitement bien ce quartier et toutes les ruelles qu’il contenait. Alors qu’est-ce que ce freluquet pensait faire en lui indiquant la route à suivre ? Pensait-il connaitre ce quartier mieux que lui alors qu’il n’avait jamais mit les pieds ici ? Il savait parfaitement que cette ruelle était la plus directe et la plus courte pour quitter cet endroit et quelle était généralement très peu fréquenté, à l’exception des quelques loups ivres qui venaient s’échouer là.

Cette pensée le fit se stopper brutalement, tellement brutalement qu’il sentit le démon se cognait vaguement contre son dos alors qu’il se tournait vers lui, toute méfiance étant à nouveau revenu dans ses prunelles noisettes. En quelques secondes, il avait oublié l’urgence de la situation et le pourquoi il était en train de trainer ce démon dans tout le quartier. Il n’avait plus qu’un seul détail en tête et pas des moindres.

Il toisa le démon de toute sa hauteur, ignorant le nom qu’il venait de lui indiquait et l’observa minutieusement, sourcils froncés.
C’était la première fois qu’il prenait le temps de l’observer ainsi. La première fois qu’ils s’étaient fait face à face, il n’avait pas vraiment prit la peine de le regarder comme il le faisait à cet instant, ayant été légèrement refroidi par le fait que c’était un démon. Et ensuite dans la ruelle, il avait été plus absorbé par le fait de le sortir d’ici que de le regarder, mais là, maintenant, il le voyait vraiment.
Quand il l’avait vu de loin, il l’avait trouvé magnifique et maintenant qu’il le voyait de près, cela ne faisait que confirmer cette impression. Cette peau pâle, ses profonds yeux noirs où l’on pouvait facilement s’y perdre, et ces longs cheveux qui ne donnaient qu’une envie au loup : y plongeait les mains pour défaire ce ruban et apprécier leur texture à sa juste valeur. Les yeux noisette d’Antonio se posèrent un bref instant sur les fines lèvres rosées du démon… et il se sentit frémir. Tout chez ce démon respirait une ingénue infantile, et l’instinct le plus bas d’Antonio lui disait de goûter cette innocence… la faire disparaitre de la façon des plus charnelles… voulant savoir si ce corps était aussi succulent que son odeur…

Antonio poussa alors un brusque et violent grognement alors qu’il se mettait une baffe mentale et qu’il fermait les yeux pour ne plus faire face à la tentation.

Non mais ce n’est pas vrai !! A quoi est-ce qu’il pensait ?! Ce n’était pas le moment de se perdre dans… dans… cette horrible et indécente faiblesse ! Ce démon n’était rien d’autre qu’un démon, il n’y avait aucune innocence en lui. et certainement qu’il devait jouer de son physique pour jouer les ingénues et piéger les autres.

Il en avait eu la preuve quelques instants plus tôt quand le démon avait ouvert la bouche.

Et en pensant à ça, Antonio rouvrit les yeux, des prunelles ayant reprises leur froideur habituelle et que la méfiance l’envahissait à nouveau, chassant les autres émotions qui avaient certainement dû allumer ces prunelles et qu’il préférait oublier sur le champ.

« - Comment savez-vous qu’il faut tourner là ? » Demanda-t-il avec méfiance et animosité. « - A moins de bien connaitre ce quartier, personne ne peut savoir où mène cette ruelle exactement. »

Est-ce que le démon s’était joué de lui ? Est-ce qu’il avait fait semblant de jouer les nouveaux venus alors qu’en fait, il devait bien connaitre la ville et qu’il était venu fureter pour le compte de Botelli ? Etait-ce pour cela que le démon était venu dans ce quartier ? Parce qu’il savait exactement par où s’enfuir dès qu’il aurait trouvé ce qu’il cherché pour ensuite aller faire son rapport à son prince ?

Mais que cherchait-il donc ? Des informations sur les deux meutes ? Où des informations sur un lycan en particulier ? Il fit un pas menaçant vers le démon, et cette fois, il était bien décidé à ne pas le quitter tant qu’il n’aurait pas toutes les réponses à ces questions, et le démon y répondrait de grès ou de force. Et au diable si jamais quelqu’un pouvait leur tomber dessus à tout moment.

« - Vous avez intérêt à tout me dire, Monsieur le Fouineur, sinon vous regretterez la compagnie de ces trois autres lycans. Que faites-vous là ? Que cherchez-vous exactement ? »

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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Lun 5 Avr - 17:09

Peut-être devrait-il réviser son comportement. Le démon n'était pas si faible que pouvait prétendre sa physionomie, cependant, il n'aimait utiliser cette force. C'était dans sa nature, c'était son caractère qui était ainsi fait. Aza savait se défendre, sans nul doute, autrement jamais il n'aurait survécu aussi longtemps. Certainement que, si le loup n'était intervenu et prit au dépourvu, l'artiste aurait su lui-même se sortir de cette honteuse et humiliante position. Même si cette scène était plutôt improbable à imaginer. Il était après tout un démon et non un enfant de coeur, même si sa gentillesse laissait planer certaines interrogations.

Mais il n'était encore qu'un pauvre amateur dans cette ville, et jamais il n'aurait cru devoir affronter quiconque en ces lieux. Lorsque le vielle homme lui avait donné cette lettre et attribué cette charge, il n'avait conçu le fait de lever les armes - qu'il n'avait d'ailleurs point, pacifique dans l'âme. Mais ici, cela semblait être le maître mot. Son regard ne délogeait de la silhouette qui le guidait avec volonté vers l'issue la plus proche de ce quartier. Même si cette ville regorgeait d'insécurité pour une race comme une autre, ces habitants avaient le mérite d'être intéressant - d'un certain point de vue. Il maintenait par obligation le même rythme que le lycan, n'ayant nullement dans l'intention de se manger de plein fouet le sol malpropre de ces ruelles.

Bien au contraire de son homologue, le démon semblait plus posé et réfléchi. Il ne sentait véritablement pas le danger roder autour de leur corps, et peut-être se pourrait-il que la simple présence du loup réconfortait un tant soit peu le peintre aussi. Certainement que son pouvoir jouait également sur ses émotions. Pour le moment, il ne percevait aucune menace, mais le destin pouvait se montrer si vil qu'il était évident que cet instant de calme ne durerait infiniment. Il percevait facilement la tension qui rongeait le loup, autant moralement que physiquement, son poignet étant la pauvre victime de ce mal. Aza pouvait le comprendre, la danger les guettait à chaque secondes qui défilaient.

Sa délicate voix résonna dans l'air, lui conseillant un chemin à suivre. Une réplique lui répondit, mordante et dure, à l'instant ou ils dérivèrent dans la ruelle que le démon avait indiqué au préalable. Il semblait avoir enflammé ce loup, rien qu'avec ces simples paroles. A vrai dire, cela ne l'avait nullement étonné. Lui qui avait voulu simplement apporter un minimum d'aide, tant mieux si ce loup connaissait la route vers leur liberté. Si seulement il avait su ce que ces anodines paroles allaient engendrer, certainement qu'il se serait tu. Le démon n'avait mesuré ces mots et il n'avait pensé à ce qui en découlerait.

Soudain, son bienfaiteur s'arrêta net, l'obligeant à rencontrer son dos dans le mouvement. Ses yeux se posèrent, interrogateurs et surpris par cette brusque réaction, sur l'homme qui lui faisait face. Ces prunelles noisettes reflétaient la méfiance et le doute auparavant évaporée de cet être. Le démon fronça vaguement les sourcils, ne saisissant vraiment ce qu'il se passait sous ses yeux.

Une dose de perplexité l'envahi lorsqu'il aperçu le changement dans le regard du loup. Un certain loup qui semblait être en ce moment, bien loin de ces territoires. Distraitement, il se frottait le poignet faiblement meurtri, une fois ce dernier libéré. Les suspicions parurent s'éteindre de son regard, un vague moment, afin de laisser transparaître d'autres émotions plus imprécises. Aza se sentit légèrement mal à l'aise, et dubitatif. Le démon pouvait se sentir flatter de ce qu'exprimait ce regard. Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, il remarqua la résistance que le loup menait envers lui ainsi que l'impacte qu'il représentait. C'était peut-être aussi pour cela qu'il était autant grognon en sa présence.

Le grognement sourd qu'il libéra eut pour don de le faire imperceptiblement sursauter. Il l'examina un instant, alors que le lycan fermait les yeux, certainement pour se calmer. Aza profita de ce moment de paix pour analyser rapidement la zone, plus précisément. Toujours rien. Avaient-ils décidé de les oublier ? Il n'aimait pas ça, du tout. Leur regards se croisèrent à nouveau, l'un flamboyant de méfiance, l'autre emprunt d'incertitude.

Sa voix retentit, abrupte et soupçonneux, alors que ses interrogations s'éclairèrent. Ooh, c'était donc cela qui lui faisait autant remuer les méninges. Un court soupir se fit relâcher, à la fois ennuyé et soulagé. Le démon pouvait bien imaginer ce qui traversait les pensées du lycan. Mais cet être devait se fier à la première impression qu'il avait eu à leur première rencontre; il n'avait de réelle valeur aux yeux de qui que se soit dans cette ville. Et puis, il ne connaissait encore véritablement personne ici, alors être à la solde du Prince de Venise, c'était juste impossible et inconcevable.

Il ne fournirait aucunement son aide pour décimer toute une population innocente. C'était contre sa nature, ce qui était fortement étonnent lorsque l'on était né démon. Il n'avait envie de commencer à expliquer son don, mais vu la détermination dont ce lycan faisait preuve, il se doutait qu'il n'aurait d'autres choix sous la manche. Jamais il n'avait mis quelqu'un au courant, de ce banal mais pratique faculté. Toujours il avait été discret à ce sujet. Personne aussi ne s'était interroger sur son cas.

Il fit un pas alarmant vers lui, qui ne décida à esquiver la conversation. Ce lycan ne lui laisserait jamais ce loisir, assurément. Ses bras se croisèrent sur son torse, dans une position protectrice et pensive. Étrangement, il n'avait plus peur de ce que présentait ce loup. Et même si sa menace transparaissait ces sinistres intentions envers le démon, il ne paraissait effrayé. Le démon semblait juste légèrement énervé.

« La brusquerie ne vous mènera nulle part, jeune loup. » Son ton était emprunt d'une faible couche de colère sourde, mais néanmoins, elle gardait un éclat de douceur. Aza soupira de nouveau, faiblement, avant de reprendre. « Je ne sais pas de quoi vous m'accusez mais je peux vous certifier que ma venue dans cette ville n'est nullement dans vos intérêts. » Il prit une infime pause, réfléchissant à la suite de ces phrases. « Croyez moi si vous le voulez mais c'est bien la première fois que je mets les pieds à Venise. Et si je semble connaître les recoins de ce quartier c'est que, d'un certain point de vue, je les connais. »

Un sourire amusé fleurit sur ces lèvres, il était sans doute le seul à trouver cette situation amusante, étant pourtant et surtout le plus mal placé. Décidant de ne jouer plus qu'il ne fallait avec les nerfs sensibles du jeune loup - et pour sa propre santé, aussi -, Aza réfléchit rapidement à une formulation pour expliquer clairement son pouvoir, sans tourner autour du pot.

« En fait, je possède un don. Celui-ci me permet de localiser les êtres vivants dans un périmètre défini, et si je me concentre davantage, je peux facilement analyser l'endroit où je me trouve. » Tout simplement, c'était plus compréhensible énoncer de cette manière. « Cette réponse vous satisfait-elle ? » Il fronça un instant faiblement les sourcils. Quand il avait pressentit que le calme ne durerait pas. « Si vous avez encore des doutes et surtout, si vous désirez vous frotter de nouveau à vos congénères, on peut les attendre ici. »

Il reconnaissait l'âme d'un des loups responsables de son agression, mais évidemment, il n'était venu seul. Et ils se déplaçaient vite, même si le démon pouvait noter quelques brefs arrêts. D'autres disparaissaient de sa zone, mais la plupart se rapprochaient du lieux où ils stationnaient. Ses yeux sombres demeuraient dans les prunelles noisettes de son vis-à-vis, attendant assez calmement et déterminé ces prochaines actions.

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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Mar 6 Avr - 0:02

Antonio analysait chaque facette de l’expression de ce démon qui lui faisait face – Aza qu’il avait dit qu’il s’appelait. Bien qu’Antonio n’ait pas vraiment prêté attention à ce qu’il lui avait dit à ce moment là, trop focalisé sur sa découverte, l’information s’était cependant enregistrée dans un coin de son esprit. Pas que ça ait une quelconque importance, mais ce n’était toujours pas un mal de pouvoir mettre un nom sur quelqu’un, surtout un démon, pour pouvoir le retrouver plus tard.

Après qu’il ait fait part de ses doutes au démon, il attendit patiemment que ce dernier confirme, démente, mente ou autre, mais au contraire, il fit ce à quoi Antonio ne s’était pas attendu. Il soupira comme si cela l’ennuyait de parler de ça. Le loup se tendit. Pourquoi une telle réaction ? Le démon comptait-il dévoiler une autre facette de sa personnalité et l’attaquer maintenant ? Il était facile de se cacher derrière un masque ou une apparence, c’était ce qu’il faisait pratiquement à longueur de temps, alors qu’est-ce qui lui disait que ce ne serait pas ainsi pour ce démon ?

Il se tendit légèrement, prêt à riposter à n’importe quelle seconde, quand le démon fit un pas vers lui. Ses bras se croisèrent sur son torse, reprenant inconsciemment la même position protectrice que cette fois-là dans la Basilique, et toute peur déserta complètement ses prunelles noires. Etrangement, il semblait presque calme comme s’il ne se trouvait plus en face d’un loup hypothétiquement dangereux et près à le faire disparaitre dans la seconde, mais simplement en face d’une vieille connaissance avec qui il réglait des comptes.

Et l’explication commença, faisant se hérisser tous les poils de son corps dès la première phrase. Ses intonations à la fois colériques et douces… cette voix réprimande… ce démon parlait comme un père en train de gronder son enfant trop téméraire. Son père avait eu les mêmes intonations dans le passé envers lui, et Angelo également, quand il le réprimandait sur son attitude trop violente et taciturne.
Et depuis toujours, Antonio avait toujours détesté qu’on lui parle ainsi.
Cependant, son irritation fut sommairement remplacée par une vague de soulagement quand il entendit le démon dire qu’il n’était pas venu ici pour faire du mal aux loups de sa meute ou de cette ville ou pour une quelconque association avec Botelli. Non, ce démon était tout simplement un démon de passage sans aucun lien avec ce conflit qui déchirait cette ville. Mais la partie qui suivit lui fit froncer les sourcils. Ce démon n’était jamais venu à Venise mais il connaissait les recoins de cette ville ? Qu’est-ce que c’était censé vouloir signifier ? Antonio allait vraiment finir par croire que ce démon était en train de jouer avec ses nerfs… ou se jouer tout simplement de lui. et pour couronner le tout, il se permettait de sourire avec amusement.

Un grognement sourd s’échappa de la gorge du loup, pas du tout amusé par la situation, à vrai dire, il ne la comprenait pas et il détestait ne pas comprendre, surtout quand ça concernait un démon louche. Toutefois, ce dernier sembla comprendre à quel point Antonio pouvait être à fleur de peau car il enchaina rapidement avec une autre explication, avant même que le loup ait pu émettre un son.

Ainsi donc ce démon possédait le don d’analyse de son environnement ? Peu courant comme pouvoir mais diablement efficace. Sachant cela, toute méfiance disparue en lui et Antonio recula donc d’un pas, sortant de l’espace personnel du démon pour reprendre une expression neutre. Peut-être qu’effectivement ce démon ne jouait pas du tout de double-jeu. C’était juste un nouveau venu en ville qui vaquait à ses propres occupations sans se méfier de là où il mettait les pieds parce qu’il savait quand on s’approchait de lui et ou allait… c’est pour cela que ce démon semblait serein à errer seul ici même si ce don pouvait parfois être défaillant vu ce qui était arrivé quelques minutes plus tard quand il s’était retrouvé entouré de trois lycans.

« - Oui ça me satisfait. » Consentit à répondre Antonio.

Il n’était pas près à s’excuser auprès du démon, même s’il était visiblement en tord. Mais pouvait-on vraiment lui en vouloir d’être paranoïaque et un peu à fleur de peau dans une période aussi incertaine ?
Mais il n’eut pas l’occasion d’approfondir cette pensée que la voix d’Aza – non ! Du Démon ! – retentit à nouveau, le sortant de ses pensées. Antonio fut perplexe pendant quelques secondes avant de comprendre ce que ces paroles insinuaient et il leva la tête pour humer l’air. Effectivement, il avait raison, un petit groupe de loup se dirigeait clairement vers eux, d’après lui dans un périmètre d’une cinquantaine de mètres, ce qui signifiait que d’ici une minute ou deux, ils tourneraient dans cette ruelle pour voir si leurs cibles étaient là.

Poussant un juron, Antonio reprit le poignet du démon, mais cette fois avec moins de brusquerie, et il reprit sa route un peu plus rapidement que précédemment. En temps normal, il serait resté sur place pour tenter de calmer les loups ou au pire les faire disparaitre, mais ce n’était pas le bon moment pour ça. Non seulement il ne pouvait pas se permettre de faire du grabuge alors que la meute était presque sur le point de mettre la touche finale à leur ultime plan, mais de plus, il n’était pas seul. Peut-être que ce démon pourrait se débrouillait au combat comme il l’avait laissé sous-entendre un peu plus tôt, mais sérieusement, Antonio ne voulait pas prendre le risque. Le mieux était de fuir tant qu’ils le pouvaient encore.

Mais Antonio était conscient qu’ils ne pourraient pas fuir éternellement si ces loups les prenaient en chasse, et ils n’auraient bientôt plus d’autres choix, à moins de trouver un endroit où ils pourraient rester en sécurité le temps que les choses se calment.

Il réfléchit rapidement, examinant les options qui s’offraient à eux. Il savait que la solution qui se présentait à lui actuellement ne serait pas sécurisante très longtemps, mais si ça suffisait à lancer ses loups dans une autre direction, alors ça leur laisserait le temps de fuir par une autre ruelle.
Fort de cette résolution, Antonio se dirigea vers la porte en bois se trouvant sur le côté de la ruelle, c’était l’arrière-sortie d’un petit hôtel sordide qu’Antonio connaissait de réputation.

« - Oh c’est pas vrai. » Marmonna-t-il alors qu’il trainait toujours le démon derrière lui.

Vraiment, qu’est-ce qui ne fallait pas faire pour ce démon. Il ouvrit la porte qui fort heureusement n’était pas verrouillée et tira le démon à l’intérieur avant de refermer rapidement derrière eux. Ils se retrouvèrent dans une sorte de réserve contenant plusieurs tonneaux, bouteilles, fruits ou des jambons pendus aux murs. Rapidement, il sortit de la petite réserve et ils se retrouvèrent cette fois dans une sorte de petite salle d’auberge. Dès qu’ils les virent émerger de la réserve, un homme d’une forte carrure et ayant déjà vécu de très nombreux hivers s’approcha d’eux d’un air revêche.

« - Oh là les jeunes, vous v’nez d’où là ? C’est pas un moulin ici, on y entre pas comme on veut. »

« - Une chambre. » Le coupa Antonio d’une voix sèche et lançant une bourse contenant quelques pièces. « - Maintenant. »

Le regard de l’homme passa alors d’Antonio au démon, puis du démon à Antonio avant qu’il n’eut un sourire un brin pervers, puis s’écarta de leur passage pour leur désigner l’escalier.

« - Premier étage, troisième porte. Un nouveau sur le marché à ce que je vois. » Fit l’homme en faisant un clin d’œil en direction du démon.

Sans aucun remerciement ou autre, Antonio se dirigea alors vers l’escalier pour rejoindre l’endroit indiqué. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent tous les deux dans une sorte de petite chambre qui était meublé que d’un petit lit aux draps en lins et au matelas de paille, d’une petite table en bois avec un tabouret devant et une fenêtre aux vitres sales qui laissait passer les rayons de la lune. Une lampe à huile était allumée sur la petite table en bois, donnant une luminosité inquiétante mais suffisante à la place.
Antonio n’était pas certain que d’être entré ici était une bonne idée étant donné du peu d’issu de secours que l’endroit offrait, mais il espérait que le nombre de personne dans l’établissement brouillerait un peu soit peu leurs odeurs.
Quant à l’ambiance de la chambre, elle aurait pu être normalement si des cris et gémissement bien reconnaissable ne filtrait pas à travers les murs et le plafond, provenant des chambres aux alentours et à l’étage, ne laissant aucun doute de l’activité de leurs occupants.

Le loup détestait ce genre d’endroit où il n’avait presque jamais mit les pieds, ne voyant pas l’intérêt de se payer un prostitué pour assouvir des pulsions. C’était au-dessus de sa compréhension, peut-être parce que le plaisir charnel ne l’avait jamais vraiment intéressé. Il eut un petit toussotement embarrassé et se tourna alors vers le démon présent dans la chambre.

« - On va rester ici en attendant que les choses se calment un peu dehors. » Lui indiqua-t-il alors qu’il se dirigeait vers la petite fenêtre pour explorer les alentours. « - Au fait, je suis Antonio. » Bougonna-t-il sans regarder le démon.

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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Ven 16 Avr - 16:44

Si la peur désertait ses traits, c'était qu'il ne se sentait aucunement menacer par l'être qui lui faisait face. Le démon lui accordait sa confiance, sans même véritablement le connaître, même son nom lui était inconnu. Il ne savait rien de lui et pourtant, Aza ne pensait que le lycan lui ferait le moindre mal. Si vraiment son homologue avait souhaité sa mort, jamais il ne lui serait venu en aide. Les preuves étaient faites. Son corps sembla se tendre lorsqu'il soupira, ce qui ne lui échappa. Il ne savait si il devait se sentir flatté d'être hypothétiquement prit comme un être potentiellement dangereux ou au contraire, en être vaguement vexé. Bien qu'un peu de ces deux sentiments parcouraient son corps, sans réel sens.

Se trouvait-il dangereux ? La réponse en était évidente. Mais d'une certaine manière, le démon pouvait être un bon adversaire, cela dépendait juste du terrain sur lequel il jouait. Et puis, il n'était pas autant sans défense que cela. Aza avait vécu dans les rues et plusieurs fois, il avait du affronter quelques racailles mais jamais il n'engageait un combat. Il préférait de loin les fuir. Enfin, a cette époque il était encore jeune et imprudent. Aujourd'hui, il avait mûri et compris que la violence ne résolvait aucune équation. La violence n'engendrait que la violence, dans sa forme la plus brute et primaire. Cela en était désolant, d'ailleurs. Aujourd'hui encore n'allait être un jour d'exception.

Sa voix s'éleva, se justifiant à moitié. Et il ne prit vraiment la peine de détailler les expressions qui s'affichèrent sur le visage du loup, bien trop emporté dans ses propres paroles. Il n'aimait réellement qu'on pose ainsi des doutes sur ces faits et gestes, surtout lorsque ceux ci ne concernaient la personne. Mais un sourire fleurit naturellement sur ses lèvres, en écoutant ses paroles qui posèrent un léger mystère voiler de nouveau son être. Bien vite, il le fit disparaître, pour ne pas plus mettre à vif ce pauvre loup et prenant le grondement comme un avertissement, aussi. Le démon lui expliqua son pouvoir, de la manière la plus simpliste qu'il pu.

La réponse qu'il lui fournit sembla le satisfaire et il le lui confirma à voix haute. Mais comme pouvait croire ce lycan, son pouvoir lui était toujours fidèle. Si cette fois-ci il s'était laissé prendre bêtement, se n'était nullement son don qui l'avait trompé mais plutôt lui qui n'avait su correctement l'utiliser. C'était son incompétence sur le moment qui l'avait trahi, et non son don. Pour évacuer tout doutes qui persisteraient encore, le jeune artiste lui affirma qu'une bande de loups s'approchait à grands pas dans leur direction. Le lycan sembla se réveiller d'un coup, analysant sa phrase et huma l'air pour confirmer ses dires.

Un juron fila de ces lèvres alors qu'il entreprit de fuir de nouveau, agrippant le poignet du démon avec plus de douceur qu'auparavant. Aza du bien malgré lui, suivre le rythme endiablé qu'imposait son bienfaiteur. Le démon n'avait réellement l'habitude d'autant d'agitation en une pauvre soirée. Ou lorsqu'elle se présentait, les faisait taire rapidement... De la façon dont il préférait sur l'instant: Soit faire en sorte qu'elle le perde de vue, soit les affronter simplement. Généralement, la première option lui convenait parfaitement. Habituellement, il peignait au lieu d'arpenter ainsi les ruelles malfamées d'un quartier d'illuminés.

Il était certain que fuir ainsi n'allait arranger les problèmes qui les suivaient de près. Puis, à courir ainsi, ils allaient finir par s'épuiser inutilement. Il fallait qu'ils trouvent un lieu sûr pour réfléchir à tête reposée sur la situation, prendre une brève pause pour calmer les ennuis qui les ensevelissait. Parmi tout les immeubles qui affublaient le quartier, il fallut que son sauveur choisisse un lieu dont le démon n'aimait visiter. C'était sans conteste un hôtel où client et prostitué faisaient bon ménage, au bon déplaisir du démon. C'était la que son pouvoir pouvait le desservir.

Mais avant de pénétrer complètement dans l'établissement, Aza se fit entraîner à l'intérieur de l'arrière boutique, ou les aliments étaient entreposés. Il n'eut à peine le temps de récupérer son souffle que le loup le conduisait hors de la réserve. Il découvrit une petit salle, comme on en trouvait partout dans les auberges. Accueillant, tout en restant neutre. Un vieil homme s'approcha d'eux, acariâtre. Certainement le propriétaire de ce lieu dévergondé. Il les interpella, rouspéta de l'heure venue. Et le Lycan l'interrompit en quémandant une chambre, lui laissant une bourse contenant plus que certainement quelques Ducats.

Devant l'insistance du loup, le vieil homme posa les yeux sur lui, puis sur le démon. Il eut un court instant de flottement, avant qu'un sourire un brin pervers illumine le visage de leur hôte. L'homme se dégagea de leur passage, les invitant a prendre les escaliers. Sa voix s'éleva pour leur indiquer leur chambre, un clin d'oeil lui fut accordé. Aza n'haussa qu'un bref sourcil, blasé de ce comportement mais n'ouvrant toutefois la bouche. Puis, aussitôt leur logement leur étant attribué, le loup l'emmena à sa suite.

Quelques minutes s'écoulèrent où il atteignirent leur pièce. Une banale chambre munie d'un lit modeste et d'une table avec un tabouret, installé près de la fenêtre. Comme simple lumière, il y avait une lampe à huile, qui donnait le ton d'un lieu d'intimité. Son regard circula brièvement dans la pièce, d'un oeil critique. La propreté ne semblait être leur luxe. Enfin, il n'allait pas s'en plaindre. Et les cris et gémissement qui provenaient d'autres pièces mal isolées paraissait le mettre plus mal à l'aise encore. Surtout qu'avec le don qu'il possédait, il n'avait pas que droit au son... Mais cela encore, il en avait pris l'habitude de 'surprendre' les gens à leur insu. Enfin de n'avoir les images en prime, il tenta de s'occuper l'esprit.

Il devrait faire avec, et de toute façon, se n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne quittent cet endroit. A vrai dire, jamais auparavant il n'avait fréquenté ce genre de lieu de libertinage. Il n'en voyait l'utilité, aussi. Même si ces endroits le rébutait farouchement, le démon pouvait avouer qu'il n'était pas si inutile que cela. Ils diminuaient les risques de viols dans les rues, par exemple. Cela permettait aux individus d'évacuer leur frustration et ainsi, de les empêcher de faire n'importe quoi. Il reconnaissait là que cette seule qualité.

Il soupira un léger coup, assez discret. Son regard se posa alors sur le loup. Il était certain qu'un autre lieux l'aurait tout autant satisfait, mais le but n'était de trouver un quelconque confort. Ils devaient juste semer leur assaillant, c'était tout. Et puis, le voir embêté par la situation lui rendit son sourire, amusé et doux. Il hocha simplement la tête en guise de réponse. Aza s'avança prudemment dans la pièce. Le démon fit le tour du lit et après réflexion, alla s'asseoir sur le tabouret, un coude posé sur le bureau tant dis que sa tête se reposait dans la paume de sa main.

« Antonio » laissa-t-il filer du bout des lèvres, comme si il voulait entendre la consonance de sa propre voix . « C'est joli. Enchanté, Antonio. » s'amusa-t-il à répéter, le sourire accroché toujours aux lèvres. Il l'observa un moment en silence, alors qu'il en était tout à son examen des alentours. Mais pour ne pas paraître malpoli, il détourna bien vite le regard.

Ses traits semblaient afficher une certaine gêne, mais cela pourrait bien être les lieux qui les lui tirait de la sorte. Le démon venait également de remarquer son morceau de tissu, entourant le poignet du jeune loup. Mais aucun commentaire à ce sujet ne se fit, il se contenta d'un regard délicat posé sur son homonyme. Le démon se redressa, ne sachant rester dans une sage position, et décida de s'appuyer simplement contre le bureau, les bras derrière le dos. Ses yeux sombres fixèrent le sol, avec entêtement.

« Je suis vraiment désolé pour la gêne que j'occasionne. Et ne vous en faites pas, je rembourserais pour la chambre. » Cela ne se serait jamais produit si le démon avait fait plus attention, avec pris plus de précaution. Mais il avait fallu que ce loup, Antonio, vienne à sa rescousse. Et il s'en voulait de le mêler à ses ennuis.

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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Ven 23 Avr - 11:20

Antonio se tendit brièvement quand la voix du démon s’éleva dans son dos, répétant son prénom avec une voix qui lui procura des frissons le long de la colonne vertébrale. Comment était-ce possible de déclencher une telle réaction rien qu’en parlant ? Mais qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez lui depuis quelques temps ?

« - Hm. » Grogna-t-il en retour, quand Aza lui dit qu’il trouvé son prénom joli et qu’il était enchanté de le rencontrer.

La politesse aurait voulu qu’il lui retourne sa phrase, disant qu’il était également enchanté de le rencontrer, mais … actuellement il n’était pas vraiment sûr que se soit un plaisir ou pas. Surtout au vu de la situation actuelle. Repoussant ses pensées, il se déconcentra alors de nouveau sur l’agitation qui régnait dans les rues, mais elle ne semblait pas différentes que celle de d’habitude. Aucune trace de leur poursuivant. Donc soit ils avaient perdu leur trace, soit ils avaient abandonnés. Mais pour la dernière option, Antonio n’était pas du tout certain. Peu étaient les loups qui abandonnaient leur proie sans réclamer vengeance.

De nouveau, la voix du démon s’éleva dans les airs, s’excusant pour ce qui était en train de se passer et lui proposant de le rembourser. Cette fois, Antonio se tourna pour lui faire répondre en le regardant.
Aza était sagement appuyé contre le petit bureau, les bras derrière le dos et ses beaux yeux noirs étaient braqués sur le plancher. Ce qui était peut-être le mieux, Antonio ne préférait pas vraiment voir ses deux perles onyx qui le troublaient légèrement.

« - Gardez votre argent, ça sert à rien. » Répondit le loup en haussant les épaules. « - Ma meute et moi, nous venons souvent voler les réserves de ce bâtiment, alors je peux bien me séparer de quelques pièces et les lui donner honnêtement. » Déclara-t-il, comme si c’était monnaie courante de dépouiller ce commerçant, même si c’était le cas. « - Quant à la gêne occasionnait, je l’ai bien voulu. Sinon je vous aurais abandonné dans la ruelle. »

Un nouveau silence s’installa entre les deux occupants de la chambre. Un silence qui permit de mieux entendre les activités des autres pièces. Ils étaient certainement les deux seuls personnes ici à avoir prit une chambre pour ne rien faire d’autre que parler. Enfin si on pouvait appeler ça parlé.
Ne tenant pas vraiment à porter attentions aux gémissements ou aux cris qui envahissait la chambre, Antonio se perdit alors dans ses pensées, préférant s’occuper l’esprit.

Et c’est les yeux braqués sur le démon qu’il se mit à réfléchir. Sur le coup, il n’avait pas vraiment prit le temps de bien considérer ce qu’il lui avait déclaré sur son pouvoir, mais maintenant, il en avait parfaitement le temps.

Ainsi donc, cette personne avait le don de localiser n’importe quel être vivant dans un certain périmètre. Et il pouvait même analyser l’endroit sur lequel il se concentrait. Une personne qui pouvait aller n’importe où comme s’il y était venu plusieurs fois et éviter n’importe quelle personne qui approchait… un don vraiment très précieux.

Un don utile.

Très utile. Surtout pour l’action que sa meute et lui comptait bientôt faire. Un tel pouvoir leur serait bien utile pour s’infiltrer dans le palais Botelli, localiser les Princes, et localiser également n’importe quel garde. Mais c’était impossible. Ce jeune homme était un démon, et il était hors de question qu’un démon collabore à la libération de leur Prince. Qui sait s’il ne se retournerait pas contre eux une fois en présence de Botelli et les trahirait ? On ne pouvait pas se fier à un démon, même s’il était du genre naïf et gentil. Une nature démoniaque restait une nature démoniaque. Après tout, même le plus gentil des chiens ne finissait-il pas un jour par mordre son maitre ?

Et il ne pouvait pas faire confiance à ce démon. Cela pourrait engendrer beaucoup trop de risque. Mais ce pouvoir…

Antonio posa un regard calculateur sur le jeune homme brun. Pouvait-il réellement prendre ce risque ? Mais le loup finit par secouer la tête. Non, il ne pouvait pas, et puis, ce démon ne savait même pas se battre. Certes, il serait utile, mais il serait également un boulet qu’il faudrait sans cesser surveiller, et ils ne pourraient pas se le permettre.

« - Vous ne m’avez toujours pas dit ce que vous venez faire à Venise. Et d’où venez-vous exactement ? » Demanda Antonio.

Ca ne lui coutait rien de se renseigner un peu sur lui. Et qui sait, peut-être que ses réponses le ferait changer d’avis. Après tout, si ce démon croisait sa route, c’était peut-être un coup de pouce du destin ? Un autre outil mit à sa disposition pour aider ses Princes.




[arf, c'est court je suis désolée é_è .... je ferais mieux la prochaine fois, promis.]

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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Jeu 29 Avr - 22:53

Son regard s'obstinait à fixer le sol, distraitement. Ces silences étaient insupportables pour lui qui ne savait réellement s'occuper l'esprit à l'instant même. Comment ne pas se concentrer sur de tels... Bruits! Fermer les yeux n'affaiblissait cette gêne, discuter restait pour lui la meilleur des solutions. Il libéra les premiers mots qui lui venaient à l'esprit, formulant des excuses pour les tracas apportés. Même si il n'exprimait ses émotions, il ressentait néanmoins de l'inquiétude vis-à-vis de leur situation. Il aurait voulu qu'il ne s'en mêle pas... Mais ce qui était fait ne pouvait être modifié.

Le loup prit la parole, le démon sentit son regard posé sur sa silhouette et il n'en changea pour autant de position. Ses deux perles ne voulurent quitter une seule seconde leur occupation. Un sourire ému vint orner ses lèvres alors que de vieux souvenirs emplis sa tête lorsque Antonio lui expliqua la raison de son refus. C'était grâce à ces vols à répétition qu'il avait pu rencontrer son vieil et irremplaçable ami. Et bien sur, cela ne le choqua, lui-même ayant piller de nombreuses fois.

Ce doux sourire retomba légèrement quand Antonio acheva sa dernière phrase. Durant un court moment, il en avait oublié leur poursuivant. Son visage semblait se clore alors qu'il analysait plus en profondeur le périmètre, omettant les désagréments supplémentaires du lieux. Ils étaient ici et là, mais pas encore assez proche pour réellement s'en soucier. Aza espérait vraiment qu'ils cessent leur traque... Un faux espoir qu'il désirait conserver. Des loups dont le corps émanait cette envie de vengeance n'abandonneraient si facilement et bêtement leur proies.

L'artiste parut reprendre connaissance de son environnement et sous l'insistance des orbes noisettes braqués sur sa silhouette, il tourna le visage vers le jeune loup. Ce dernier absorbé par ces pensées, ne dut réellement percevoir l'expression à la fois perplexe et interrogative de ses yeux aussi sombre que la nuit. Il ne savait sur quoi le brun méditait mais il le laissa en paix. Après quelques minutes qui s'écoulèrent dans le silence qui s'était installé, le démon examina de nouveau la pièce afin de s'occuper rêveusement.

Ses doigts pianotait sous le dessous du bureau, lentement pour ne pas trop perturber le calme de la pièce. Une soupir s'échappa à l'entente d'un cris nettement identifiable. Il releva le regard lorsque sa voix perça le silence, le posant sur son corps. Aza lui sourit alors que la question tomba de nouveau.

« Si je ne vous l'ai pas encore révélé, c'est uniquement car je ne juge utile que vous le sachiez. Cela ne vous concerne pas, après tout. » Cette voix qui résonnait parfaitement avec le sourire faible et doux qu'il affichait. Une voix tendre, qui ne voulait nullement attiré de problème. Il avait le droit de garder le silence sur sa présence en ces lieux, mais il pouvait bien lui accorder quelques informations tout de même. « Je viens de France, et je ne vous cache pas que je n'ai qu'une hâte, celle de rentrer chez moi. » Ses lèvres s'étirèrent un peu plus, agrandissant ce sourire amicale. Il délivra son souhait naturellement même si le loup pouvait bien se ficher de ses envies et désirs. Pendant quelques secondes, sa figure afficha pleinement sa réflexion avant qu'il ne reprenne la parole.

« Je veux bien vous avouer la raison qui m'a poussé à venir dans cette ville, mais seulement si vous me donner celle qui vous a amené à moi, lorsque nous étions à la Basilique. De quoi vouliez-vous que l'on discute ? » Le démon était resté très curieux à ce sujet. Cela l'avait mainte fois enveloppé l'esprit... Cette situation avait été si intriguante... Il voulait connaître ce qui l'avait motivé à le rencontrer. Et si il ne voulait le lui révéler, il n'allait aucunement se mettre à pleurer. Cette information resterait aussi anodine que sa présence à Venise.


[ j'te pardonne va, je n'ai guère fait mieux ]

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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Dim 2 Mai - 18:27

Tony fronça les sourcils, franchement mécontent en entendant ce démon lui dire qu’il ne jugeait pas utile de lui dire ce qu’il venait faire en ville, que ça ne le concernait pas. Ce qui était vrai, il fallait qu’il l’admette, mais il aimait toujours avait une réponse aux questions qu’il posait, même si ce fichu démon admettait qu’il venait de France et qu’il avait hâte de rentrer chez lui. Qui lui en voudrait pour ça ? Il fallait être totalement inconscient pour s’installer définitivement dans cette ville au bord de la guerre entre les deux races.

Qu’il lui dise les raisons pour lesquelles il l’avait abordé à la Basilique ? Et en échange il lui avouerait les raisons qui l’avaient poussé à venir à Venise ?

Ce n’était qu’un horrible chantage. Et Antonio détestait les chantages. Surtout quand ça le concernait en premier lieu.

Les sourcils du loup se froncèrent encore plus alors qu’il dévisageait son vis-à-vis avec les mâchoires serrées. Est-ce que ce dernier se fichait de lui ? Il ne savait pas, mais c’était l’impression que le jeune homme avait. Bon sang, il n’allait quand même pas lui avouer qu’il l’avait pitoyablement suivi parce qu’il avait été troublé par son odeur ? Il préférait être torturé plutôt que le lui révéler.

Comme d’habitude, il réagit donc impulsivement et en quelques enjambées, il rejoignit le démon, s’arrêtant à quelques centimètres de lui et le surplombant de toute sa hauteur alors qu'il plongeait son regard noisette dans les deux perles noirs qui servaient de yeux à Aza. Il le fusilla du regard alors que son souffle chaud venait presque s'écrasser sur les lèvres de ce dernier alors qu'il se mit à parler.


« - Qu’est-ce qui vous fais dire que je voulais spécifiquement vous parler ? »
Déclara-t-il alors d’un ton froid. « - Qu’est-ce qui ne vous fait pas croire que je suis venu à vous dans l’intention de vous tuer, hein ? »

Lentement, il leva une main et la passa le long de l’arrondi de la joue du démon, redessinant à l’aide d’un doigt le contour de sa joue, de sa mâchoire, avant de descendre le long de son cou. Un cou fin et fragile. Il posa alors sa main sur ce cou qui venait d’attirer son attention, mais il ne fit rien d’autre, il ne serra pas ni autre, il se contenta juste de la laisser là, autour du cou d’Aza, comme s’il voulait simplement le lui réchauffer avec sa paume.

« - Pensez-vous donc que c’est une bonne idée de remettre le sujet sur le tapis ? De prendre le risque de réveiller mon instinct de tueur ? »

Ce démon était à sa merci, il aurait pu, d’un geste de la main, se mettre à serrer et l’étrangler, aussi simplement que ça. Mais il n’en fit rien. Il se contenta de laisser redescendre son bras et de s’éloigner d’un pas.
Il ne voulait pas le supprimer, pourtant il le devrait, ça lui éviterait tout un tas d’ennui.

« - Tu m’as juste intrigué ce jour-là, je voulais vérifier de mes yeux ta vraie nature. Mais comme je te l’ai dit ce jour-là, tu n’en vaux pas la peine. »

Il avait automatiquement reprit le tutoiement comme ce jour-là, à la Basilique. En fait, il ne savait pas vraiment pourquoi dès qu’il l’avait revu un peu plus tôt aujourd’hui, il s’était mit à le vouvoyer, comme s’il voulait lui montrer un signe de respect ou l’élever au même niveau que lui, comme si c’était une connaissance qu’il appréciait. Et là, en l’espace de quelques secondes, il venait de le rabaisser au rang de démon.

Il le défia ensuite du regard, lui lançant un regard hautain. C’était la seule et l’unique réponse qu’il aurait de lui sur ce sujet-là.

Il ne voulait pas avouer à Aza qu’il l’avait suivi parce qu’il était obsédé par lui, par son image, par ce qu’il représentait. Il avait déjà beaucoup de mal à se l’avouer lui-même, parce que cette obsession était une faiblesse, et il ne voulait pas avoir de faiblesse. Pas maintenant. Jamais.

« - Alors maintenant que j’ai répondu à ta question, tu vas répondre à la mienne ? »

C’était effroyable, car maintenant qu’il était à nouveau près du démon, il se fit agresser par cette fichue odeur, celle qui le perturbait, celle qui le faisait agir comme le dernier des idiots, celle qui l’obsédait au point qu’il s’était mit à rêver du porteur de cette odeur.

D’ailleurs, en voilà une autre question qu’il faudrait qu’il pose à ce démon. Pourquoi portait-il une odeur aussi étrange ?

Le mystère qui entourait Aza ne plaisait pas trop à Antonio. Il aimait tout savoir, tout contrôler, cela lui permettait d’empêcher les problèmes de lui tomber dessus, sur lui ou sur la meute, et à sa plus grande contrariété, il ne savait rien de ce démon et ne le contrôlait absolument pas.

Il détestait ça. Il détestait ce démon.

… du moins… il voulait s’en persuader…

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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Sam 8 Mai - 19:46

Oh mais il ne considérait ces paroles comme étant du chantage, cela ne lui serait jamais venu à l'esprit un tel stratagème, il voulait simplement obtenir la réponse de son interrogation. Nullement il forçait ce jeune loup à divulguer quoi que se soit! Bien que sa curiosité soit fortement tenté du contraire. Mais apparemment, Antonio ne prit ses mots comme un simple échange d'information anodine et semblait désirer le foudroyer de son seul regard.

Aza fut un court instant désorienté par ce brusque changement de comportement, il eut également un imperceptible mouvement de recul lorsque le loup s'approcha, surpris. La peur ne venait s'immiscer en son être: il avait confiance, bien que cela soit ridicule. Qui lui assurait qu'il était inoffensif, alors que son corps en affichait le contraire ? Ses orbes corbeaux, douces et perplexes, se portèrent au niveau de celles noisettes, froides et légèrement agressives. Ils étaient si proche qu'il pouvait sentir son souffle chaud glisser sur sa peau en une tendre caresse. Il n'y avait bien que son souffle de chaleureux, en ce moment.

A vrai dire, même si la peur avait submergé son corps à leur première altercation, le paralysant pratiquement, cette idée même de la mort ne lui avait traversé l'esprit. Pourquoi aurait-on voulu éliminer un simple voyageur de passage ? Il ne faisait rien de mal, après tout. Non, Le loup ne l'aurait tué. Il en était persuadé. Certain pourrait l'insulter d'être trop naïf, mais cela ne transformerait son opinion à propos de cette personne.

Le démon n'eut de réelles réactions lorsque le jeune homme frôla l'une de ses joues, prodiguant une agréable caresse et de faibles frémissements à peine perceptibles. L'artiste leva mécaniquement la tête, légèrement. Cela pouvait se ressentir comme une invitation, pour lui prouver qu'il ne croyait un mot de ce qu'il racontait. Son regard se fit plus chaud, plus débonnaire aussi. Sa main entoura son cou sans que Aza ne s'échappe à cette étreinte qui ne lui était nullement menaçante. Il n'y avait aucune crainte à avoir, le démon était sur de lui.

Le démon sourit malgré lui, malgré sa position. Éveiller son instinct du tueur... Mais Antonio n'avait eut de gestes énonciateurs sur ce sujet. Sur ce coup là, il en était certain. Il croyait en ce loup, sans réelles raisons. Un faible rire retenu se libéra à l'entente des paroles qui suivirent, sans méchanceté, juste de l'amusement se logeait dans cette courte exclamation.

« Oui, je n'en valais et je n'en vaux toujours pas la peine... » laissa-t-il filer entre ses lèvres.

Et pourtant... Ils étaient tout deux dans cette sordide chambre, où des bruits audibles et reconnaissables circulaient dans ce lieux miteux, à fuir leurs assaillants. Ensemble. Le loup s'était finalement éloigner d'un pas, délaissant son cou. Si le loup avait douté de ces intentions, lui n'en avait eu aucun.

Antonio le couvrit d'un regard hautain, qu'il ne s'en accommoda nullement. Pourquoi se mettait-il autant sur la défensive ? Il n'y avait eu de paroles qui causeraient sa perte. Ses réponses l'avaient vaguement satisfaits, mais il ne s'en formalisa pas. Elles semblaient le décevoir, mais il ne pouvait espérer creuser davantage, au vue de ce regard qui l'avertissait clairement qu'il n'en dirait plus.

Son regard coula sur la silhouette du jeune homme, tombant au sol et secoua vaguement la tête. Il soupira, plongea de nouveau ses yeux ébènes dans les siens. Aza décida de ne pas s'offenser du ton que son homonyme employait, et garda son léger sourire. Un court silence dura, voulu par le démon. Et durant cette instant, il s'éloigna tout en ne le quittant du regard, passant à coté de lui.

L'artiste le savait tendu en sa présence, mais la réponse seule lui échappait. Cela, d'une certaine façon, amusait l'enfant qui sommeillait en lui. Le titiller, le taquiner. Il se retenait de jouer sur ce point faible. Le loup avait beau se voiler le face, lui voyait très clairement. Mais ce n'était ni le lieu, ni le moment. Et puis, il risquerait de le prendre mal si jamais il osait entreprendre quoique se soit. Aza s'approcha de la fenêtre, de tel manière à ce que l'on ne remarque son ombre à travers la vitre. Finalement, le timbre de sa voix coupa le silence imposé.

« Je recherche une personne, un humain. C'est l'unique raison qui m'a emmené à Venise. » Il tourna le visage vers le loup, sourire aux lèvres. « Je ne compte m'éterniser, ne vous en faites pas. » Dès l'instant où il aura trouvé ce jeune humain, le démon sera désenchaîner à cette ville. Et il n'entraverait également plus le chemin de ce loup, comme il semblait le souhaiter.

Un loup.

Distrait par la scène qu'ils venaient d'offrir, le jeune peintre en avait oublier leur poursuivants. Et là, un d'entre eux pénétrait leur lieu de refuge en ce même moment. Il ne savait dire si cet être était l'un de ces agresseurs, son pouvoir n'était guère si puissant. Son regard tomba sur la porte, les sourcils faiblement froncés.

« Un loup s'est introduit dans le bâtiment. » Déclara-t-il simplement. Son visage se tourna vers son homonyme, l'interrogeant du regard. Si cela ne tenait qu'à lui-même, il se serrait déjà glissé telle une ombre hors de cet endroit, loin de tout ces tracas. Mais il n'était seul, le choix ne lui appartenait vraiment.

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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Dim 9 Mai - 23:13

Il voyait très qu’Aza n’avait absolument pas peur de lui. Peut-être s’était-il déjà habitué à la façon d’être d’Antonio ? Quoi qu’il en soit, le démon n’avait pas une seule fois frémis quand le loup s’était montré quelque peu menaçant, et cela irrita quelque peu le jeune homme. Ce démon était vraiment trop naïf de croire ça, et si jamais il serait tombé sur quelqu’un qui cachait bien son jeu ?
Cet état d’esprit énervait Antonio. Mais pourquoi s’énervait-il au juste ? Parce qu’en agissant ainsi le démon mettait sa vie en jeu ? Depuis quand s’intéressait-il au sort des démons ? Pourquoi se souciait-il de celui-là en particulier ?

Pour le moment, Antonio lui-même ne pouvait répondre à ces questions. Pour la première fois de sa vie, il n’arrivait pas à comprendre son instinct, ses agissements et sa façon de réagir.

Mais l’heure n’était pas au déchiffrage de son corps, mais plutôt celle des révélations. Le loup avait posé une question, il voulait connaitre la réponse. Mais apparemment, ce n’était pas du goût d’Aza qui prit alors un malin plaisir à faire durer le moment. Ce qui n’était pas vraiment non plus du goût d’Antonio. Il détestait attendre, ou plus exactement, il détestait qu’on le fasse attendre. Mais il ne voulait pas faire le plaisir de craquer maintenant. Alors il se retint de le brusquer un peu plus, il garda un visage neutre, le corps tendu et raide tandis que le brun démoniaque imposait un silence entre eux et avec le sourire aux lèvres de surcroit.

Ses yeux se plissèrent de colère quand le démon bougea, se mettant lentement à évoluer dans la petite chambre miteuse qu’ils avaient louée. Ses prunelles noisette ne quittèrent pas un seul instant la silhouette démoniaque, observant chacun de ses faits et gestes, tentant de comprendre sa manière d’agir et anticiper son prochain mouvement et il tourna lentement sur lui-même alors que le démon quittait son champ de vision, faisant en sorte de toujours le garder en ligne de mire. Mais Aza ne semblait rien vouloir faire de plus que se poster près de la fenêtre. Puis sa voix résonna dans la pièce.

Ainsi donc, il cherchait quelqu’un. Pourquoi est-ce qu’un démon s’intéresserait à un humain ? Qui était-il exactement ? Un ami ? Un amant ?

Pour une quelconque raison, la dernière supposition énerva Antonio, mais il se ressaisit. En quoi ça le regardait si ce démon était amant avec l’humain qu’il recherchait ? Il voulut se convaincre que cela ne lui faisait rien, mais ses mâchoires se serrèrent tout de même. Et l’entendre dire qu’il ne s’éterniserait pas ici n’arrangea pas son humeur. Pourtant, il devrait s’en réjouir. Dans quelques temps, quand le démon aurait retrouvé son fichu humain, il repartirait loin de Venise et Antonio n’entendrait plus jamais parler de lui… plus jamais il ne se sentirait bizarrement attiré par l’odeur qui se dégageait de ce corps qu’il devrait haïr…

Cependant, le loup se reprit rapidement quand Aza détourna alors son regard de lui pour le poser sur la porte en fronçant légèrement les sourcils. Aussitôt, il se tendit. Qu’avait-il senti ?

La réponse ne tarda pas à tomber, claquant comme un coup de fouet dans la chambre et mettant ainsi fin à cette conversation.

En quelques enjambées, Antonio avait rejoint Aza et se postait devant lui, faisant barrière de son corps alors que sa main était posée sur la poignée de son épée, déjà à moitié sortie de son fourreau de cuir.

« - Ne fais pas un bruit. » Ordonna-t-il à voix basse.

Ses yeux étaient fixés sur la porte alors que tout son corps était tendu à l’extrême, prêt à se battre. Il poussa son ouïe à son maximum, faisant abstraction de tous les bruits environnant pour se concentrer sur les lourds pas qui montaient les escaliers. Marche par marche. Puis dans le couloir. Il y eut quelques secondes d’hésitation, puis les pas reprirent, s’avançant lentement mais surement vers eux. Plus ils approchaient, et plus ils devinrent distincts. Avant de se stopper net… devant leur porte. L’épais battant de bois l’empêchait de sentir l’odeur du nouveau venu, il était donc incapable de savoir si c’était un ennemi ou pas, mais une chose était sûr, ils étaient piégés à l’intérieur. Un était entré pendant que les autres attendaient à l’extérieur, empêchant toute fuite… Antonio se maudit intérieurement, il avait été négligent de croire qu’ils pourraient s’en tirer plus facilement en se cachant ici.

« - Chef, z’êtes là ? » Résonna alors une voix bien connue alors que des coups étaient frappés contre la porte.

Antonio fut un instant interloqué, ne s’attendant pas du tout à ça. Mais comment est-ce que Jimi avait fait pour le retrouver ? Etouffant un grognement de colère, il se dirigea alors vers la porte et l’ouvrit à toute volée, faisant sursauter le lycan qui était derrière.

« - Qu’est-ce que tu fous là ? » Attaqua aussitôt Antonio sans préambule.

« - Ben je vous cherchais. Y’a eu des problèmes avec le ravitaillement et du coup, on a rien récupéré. »

Cette simple phrase eut le don d’irriter Antonio plus qu’il ne l’était déjà. Son regard devint froid alors que tout son corps se raidissait sous la colère qui l’envahissait. En ratant cette tâche, c’était la nourriture de toute la meute qui était perdu. Comment avaient-ils pu être aussi négligents ?

« - Je croyais que les instructions étaient claires pourtant ? »

« - Elles l’étaient, mais on était désorganisé et… »


« - Nero était là pour vous guider ! » Répliqua durement Antonio. C’était lui qui était chargé de cette attaque et qui l’avait d’ailleurs monté. Contre sa volonté et sans envie particulière, mais il l’avait faite.

« - Il n'est pas venu. » Répondit le lycan, dépité.

Et Antonio comprit. Sans le meneur de l’attaque, personne n’avait su comment s’y prendre, par où commencer et qui attaquer en premier vu que c’était des informations connues que de Nero. Bon sang, il allait tuer Nero pour ce énième problème qu’il causait.

« - Où est-il ? »

« - J’sais pas. » Répondit Jimi en haussant les épaules, puis son regard passa par-dessus l’épaule de son chef pour se poser sur le démon qui était avec lui.

Il ne l’avait pas cru quand on le lui avait dit alors qu’il posait des questions ici et là pour retrouver la piste d’Antonio, mais pourtant c’était vrai. Son Dominant était avec un… démon. C’était louche.

« - C’est qui ? » Voulut-il savoir, au risque de déclencher une violente et bien connue réaction chez Antonio.

« - Personne. » Répondit ce dernier durement. « - Maintenant dégage, je m’occuperais de Nero. »

Mais loin d’obtempérer, le lycan resta sur place continuant à regarder d’un sale œil Aza. Et Antonio ressentit la violente envie de lui crever les yeux pour le fixer ainsi, mais il se reprit à temps.

« - C’est louche que vous fréquentiez les démons. Surtout maintenant. » Fit Jimi en reportant son attention sur son chef et le fixant avec méfiance.

« - Celui-là est particulier. » Répondit Antonio sans vraiment y réfléchir, et dès que les mots eurent franchi ses lèvres, il eut envie de se taper la tête contre le mur. Pourquoi avait-il dit ça ?! Personne au monde n’avait besoin de savoir ce que ce démon le poussait à ressentir ! Bon sang, mais pourquoi avait-il dit ça ?

« - Particulier en quoi ? » Voulut aussitôt savoir le lycan.

L’esprit d’Antonio tournait à toute allure, essayant de trouver rapidement une réponse crédible, et qui mettrait le démon hors de danger. Il l’était d’ailleurs bien assez.

« - Il travaille pour nous. Il va nous aider pour tu sais quoi. » Fut la réponse qui fusa naturellement de ses lèvres. « - Maintenant dégage avant de nous faire repérer. »

Et sans attendre de réponse de la part de Jimi, il lui claqua la porte au nez, se fichant complètement de l’air ébahi que ce dernier affiché.

Quant ils furent à nouveau seul tous les deux, un long silence s’installa dans la chambre, tandis qu’Antonio restait toujours face à la porte, tournant le dos à Aza. Il était en train d’assimiler petit à petit ce qu’il venait d’insinuer à son lycan… et plus que jamais, il eut envie de se taper la tête contre le mur jusqu’à en mourir.

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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Sam 12 Juin - 21:02

Cette innocence qui suintait de ses pores lui était indomptable, tout comme sa naïveté. Le jeune homme ressentait l'énervement dans l'âme du loup alors qu'il se détournait, contemplant le paysage par cette auguste fenêtre. Aza lui révéla la raison, après un court silence, cette même raison qui le motivait à ne pas quitter ces terres. Le jeune homme ne se tracassa des flux émotionnels qui taquinaient le lycan gentiment, son visage se tourna face à la porte. Un loup avait pénétré le bâtiment, mais il ne savait dire si ce dernier était un danger pour eux.

Il formula ce que son don lui rapportait. De suite, Antonio se déplaça et vint se placer entre le démon et la porte, l'épée à moitié dégainée de son fourreau. Aza fronça faiblement les sourcils à cette vue. Une mort était suffisante, et déjà de trop, il ne comptait en faire plus ? Il l'écouta, obéit, ses yeux comme hypnotisés par la lame audacieuse. Son regard se détacha du bien, grimpa le long de son bras, s'immobilisa sur ces cheveux. Il suivait l'avancer de l'étranger qui s'approchait petitement vers leur chambre. Une boule se forma dans son ventre, grandissant à mesure de ces pas. L'inquiétude le rongeait, sinueuse.

Le démon était soucieux des événements qui pourraient se dérouler sous ses yeux. Il ne voulait pas de tout ces efforts, ni qu'il y ait de blessé à cause de lui. Aza ouvrit la bouche, amorça un pas mais ces deux élans moururent lorsqu'une voix résonna derrière la porte. Chef ? Ses craintes se firent balayer de son esprit, plus que jamais intrigué par cette étrange scène.

Tant dis que le loup s'avançait vers la porte, Le jeune artiste ne fit un seul mouvement. Il n'était que simple spectateur. Antonio ouvrit brusquement la porte, faisant sursauter celui qui s'y cachait. Aza observa ce pauvre garçon se faire agresser verbalement par un loup emprunt d'une colère sourde. Il croisa les bras, attentif. Le démon s'interrogeait, observant les deux hommes discuter d'un sujet qui ne savait réellement l'intéresser. Se pourrait-il que son jeune bienfaiteur soit à la tête d'un quelconque clan ? Cela était assez plausible; il possédait la carrure et l'autorité d'un meneur.

Ses yeux de jais analysèrent le nouveau venu qui semblait imperméable face à la colère de son chef, comme si il en avait pris l'habitude avec le temps. Un regard curieux et malsain se posa sur sa fragile silhouette, percutant celui perplexe du démon. Il suivait l'échange en silence, une intervention de sa part aurait peut-être compliqué la situation... Mais quelle situation au juste ? Il ne saisissait vraiment son importance.

Antonio semblait contrôler la situation difficilement, essayant de trouver l'excuse qui pourrait éclaircir le fait qu'il soit en compagnie d'un démon. Et celle-ci venait, péniblement. Il était particulier? Lui aussi désirait connaître la raison de ce titre... Travailler pour eux ? Ah. Le cadet était plus que probablement au courant de cette affaire, contrairement à l'artiste qui lui était complètement largué.

Un silence implacable suivit le bruit grossier qui fit la porte lorsqu'elle se fit durement refermée. Aza laissa couler le temps, son esprit rafraîchissait les souvenirs récents, les étudiant. Le jeune homme décroisa les bras et s'approcha du lycan, se posant juste à ces cotés - un mètre devait les séparer.

« La raison pour laquelle vous m'aviez abordé... Était-ce pour contrôler si je ne constituais une menace pour vos affaires ? » Il commença, calmement et curieusement. « Mais quels sont ces affaires au juste ? »
Après tout il avait le droit de savoir. Ce lycan venait de l'immiscer dans un projet dont le jeune homme n'avait nullement connaissance. Tout cela l'intriguait grandement.

« Si je peux vous être utile, je serais enchanté de vous offrir mon aide. » Aza accompagna sa phrase d'un doux sourire, un de ceux dont il avait l'habitude. Le démon était loin d'imaginer ce en quoi consistait ce futur travail, et moins encore ce qu'il engendrait forcément.


{Petit cadeau! ^^ *et quand je dis 'petit', ça se voit <<"}

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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Jeu 24 Juin - 17:15

Quant il était petit, on lui avait toujours dit qu’il devait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler… à l’heure actuelle, Antonio regrettait de ne pas penser à ça avant d’ouvrir la bouche. Peut-être que cela lui aurait permis de réfléchir un peu plus et de prendre conscience de la portée de ces mots.

Il venait d’inclure un démon dans son mouvement de libération… Des lycans qui combattraient des démons pour libérer leurs Princes prisonniers par des Démons….

Il était clairement évident que leurs deux races étaient en conflit. Ça ne datait pas d’aujourd’hui. Les Lycans haïssaient tous les démons sans exception parce qu’ils faisaient parti de cette race qui les avait tant de fois malmené par le passé, et qui continuait encore aujourd’hui.

Lui-même avait souffert entre les mains des Démons. Il avait vu sa famille se faire massacrer par des Démons. Et c’était des Démons qui avaient fait de lui ce qu’il était aujourd’hui. Il ne pouvait pas faire confiance aux Démons, c’était une erreur qu’un Lycan ne devait jamais commettre… et pourtant, il se trouvait là dans cette chambre miteuse en train de venir en aide à un démon qui le perturbait tellement qu’il en oubliait presque qui il était.

La situation aurait pu paraitre anodine, peut-être même qu’Antonio aurait pu l’oublier et faire comme si de rien n’était, comme si aucun mot n’avait franchi ses lèvres… mais c’était évidemment trop espéré.
Le silence entre eux ne resta pas longtemps religieux, et après de très longues minutes, des pas se firent entendre sur le plancher. Aza s’était mit en mouvement et s’approchait de lui, jusqu’à être à ses côtés, un seul petit mètre les séparant, puis tranquillement, il commença à le questionner.

Il posait d’ailleurs trop de question, et à mesure que la voix du démon résonnait dans la pièce, le dos d’Antonio se raidissait de plus en plus à chaque mot. Il aurait été sous sa forme animale, il se serait mit à gronder avec le poil du dos complètement hérissé… parce qu’Aza s’aventurait dans un terrain dangereux… trop dangereux.
Pas un seul instant Antonio n’avait tourné son regard vers lui alors qu’il lui parlait. Il continuait à regarder fixement la porte comme si il pouvait voir des réponses dessus.

Que pouvait-il dire maintenant pour se sortir de cette situation ? Il ne pouvait clairement pas intégrer un démon dans ce projet. Sa meute massacrerait le jeune artiste avant même qu’il ait eu le temps de faire quoi que se soit… puis ensuite il le condamnerait sévèrement lui en l’accusant d’être passé à l’ennemi. Le bruit devait déjà se propagé comme une trainée de poudre parmi ses hommes maintenant, Jimi avait déjà dû parler de ce démon qu’il avait entraperçu avec le Chef et qui ferait parti de l’attaque… des rebellions étaient déjà même peut-être en train de se former au sein de la Meute… il devait impérativement rentrer pour pouvoir prendre la crise en main avant qu’il ne soit trop tard.

Mais il ne pouvait pas rentrer avant d’avoir mit les choses au point avec Aza.

Alors brusquement il se tourna vers lui, ouvrit la bouche et s’apprêta à lui dire qu’il n’était pas sérieux en disant ça, que c’était juste pour faire déguerpir le lycan et rien d’autre. Que le reste ne le regardait pas. Mais avant qu’il ne puisse prononcer un mot, Aza le prit de court en lui déclarant qu’il serait enchanté de lui offrir son aide.

En temps normal, il n’aurait même pas dû s’arrêter là-dessus, ne pas porter foi aux paroles d’un démon. Oui mais voilà, il s’avérait que le démon en question n’était pas comme ses semblables et que les mots qu’il venait de prononcer avait fait remonter un souvenir dans la tête d’Antonio.

Ne lui avait-il pas dit quelques minutes auparavant "qu’il possédait un don lui permettant de localiser les êtres vivants dans un périmètre défini, et s’il faisait preuve d’une grande concentration, il pouvait facilement analyser l'endroit où il se trouvait" ?

Intéressant.

A nouveau, Antonio s’était désintéressé d’Aza, le regardant fixement mais sans vraiment le voir alors qu’il était plongé au fin fond de ses pensées. Ce démon avait un don non-négligeable qu’il aurait tord de ne pas mettre à profit. Avec un tel don, il pourrait facilement savoir où se trouvait les gardes dans le Palais Botelli… il pourrait facilement rejoindre ses Princes sans se faire remarquer si quelqu’un le prévenait de telle ou telle présence…

Ce serait complètement insensé de renoncer à un tel don qui pourrait peut-être amener sa Meute à réaliser ce dont elle rêvait depuis si longtemps…

Mais si Aza devait faire parti du projet de libération, alors il était normal qu’il en sache un peu plus. Mais Antonio ne lui révèlerait pas toute l’histoire, pas tout de suite. Pas avant d’être sûr d’une chose.

« - Un démon puissant retient deux des nôtres. » Commença-t-il à expliquer sans chercher à mentionner l’importance que ces deux représentaient à ses yeux. « - Ma meute et moi, nous nous apprêtons à mener à bien une attaque pour les libérer. Une attaque qui ne sera pas sans conséquences, et certainement très périlleuse. »

La couleur était donnée. Une mort douloureuse les attendait s’ils se rataient. Et encore, dire qu’une mort douloureuse les attendait, c’était qu’un euphémisme face à ce que Botelli leur ferait subir si jamais il venait à mettre la main sur eux.

« - Serais-tu capable de infiltrer dans un bâtiment et de nous guider jusqu’aux nôtres sans qu’on se fasse repérer ? » Demanda-t-il.

Si jamais Aza répondait par l’affirmative à cette question, et si jamais il acceptait de les aider malgré le danger de la situation, alors à ce moment-là, et seulement qu’à ce moment-là, Antonio lui en révèlerait un peu plus sur la situation.

Au diable si la Meute se rebellait contre lui, on ne pouvait pas cracher sur un tel don. Et s’il était suffisamment convainquant, alors peut-être qu’ils accepteraient que le démon se joigne à eux… en contrepartie qu’ils le tuent après que tout soit terminé… Antonio savait que c’était certainement ce qu’ils lui demanderaient, et il ne pourrait pas refuser.

Il leur promettrait qu’ils pourraient tuer le démon dès que son aide leur deviendrait inutile…

C’était injuste et cruel envers ce démon qui se proposait si gentiment… mais Antonio ne s’inquiétait pas à ce sujet, car quand son aide deviendra inutile, ça sera quand leurs Princes reprendront le pouvoir, et alors Antonio n’aura plus aucune obligation envers la meute, et il serait donc en mesure de s’opposer aux siens pour la survie d’Aza…

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Aza Rhys
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Mar 20 Juil - 23:42

Après tout, lui offrir son aide serait peut de chose en comparaison à ce qu’il avait fait pour lui – et ce qu’il continuait à l’instant. Antonio avait droit à toute sa reconnaissance, et comment lui montrer plus explicitement qu’en lui prêtant ses services ? Du moins, si le lycan acceptait de se lier avec un démon. Enfin, c’était à présent révélé à ce bref visiteur de toute façon. Le danger, réellement, il n’en avait connaissance et surtout… Cela n’avait aucune importance sur ces choix. Il était vrai que dans ce corps pouvait transparaitre de la peur, mais ce n’était nullement la mort qui le pétrifiait. Tout le monde mourrait un jour, c’est une fatalité.

S’en soucier était juste ridicule.

Ses yeux dessinaient les formes du jeune leadeur, attendant sagement et calmement qu’il daigne à prononcer le moindre mot. Serait-il tenté de le tromper ? Cette histoire, bien qu’il ne sache de quoi elle parlait, ne le concernait pas. Il était donc normal que le loup s’essaie à déguiser la vérité. Le démon ne lui en voudrait pas, pour le moins du monde. Aza chercherait un autre moyen de rembourser ses dettes envers lui, avant qu’il ne regagne sa terre natale.

Il se redressa faiblement – un sursaut à peine perceptible – lorsque leurs regards se croisèrent. Il l’observa, curieux de ce qu’il allait sortir de cette bouche ; mensonges ou vérité ? Il allait le découvrir. Mais avant qu’il ne puisse dévoiler ces mots, il lui tendit la main, lui proposant son aide. Le démon serait réellement ravi si il pouvait lui servir à quoi que se soit. Antonio sembla se noyer de nouveaux dans ses propres pensées, le jaugeant certainement.

Il s’interrogea alors que sa voix résonna dans la pièce, et ses sourcils se froncèrent à son écoute, automatiquement. Il ne saisissait pas son confrère, ou même ces confrères en général. Ces deux lycans, pour réveiller autant de mouvement, devaient être beaucoup apprécié. Ils devaient sans doute avoir beaucoup de valeur à leurs yeux. Tout ceci ne l’enchantait nullement, même si c’était en soi une bonne action. Il n’aimait pas ça, du tout mais… Peut-être pourrait-il être plus utile qu’il ne l’avait imaginé.

S’il les accompagnait dans ce bâtiment ou était retenu ces lycans, Aza aurait le moyen de réduire le nombre de blessé ou mieux encore de mort. A présent, il ne pouvait fermer les yeux sur ce prochain évènement. Et puis, il ne voulait pas qu’il arrive quoi que se soit à Antonio. Il ne saurait se pardonner s’il lui arrivait un malheur, juste parce qu’il aurait voulu se retirer. Alors qu’il avait tant fait pour lui sans le connaître jusqu'à présent… Et il n’avait rien à perdre non plus.

Il releva son regard jais et pensif sur son bienfaiteur lorsque sa question atteignit ses oreilles.

« Oui, bien sur. C’est tout à fait dans mes cordes. » Répondit-il, l’esprit encore pris dans ses pensées. Il avait ce désir qui grandissait en lui petitement, cette envie plus que présente de l’assister dans cette attaque. Une lueur déterminée naquit sur son visage. « Si je peux vous être utile alors utilisez-moi, je ne vous décevrais pas. »

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Antonio Calzolàio
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MessageSujet: Re: Soirée épique [ PV Antonio ]   Mer 21 Juil - 12:31

Antonio s’était attendu à un certain refus de la part d’Aza. Bien qu’il lui ait demandé de l’aider, bien qu’il lui ait expliqué à demi-mot ce qui en était de la situation actuelle, le loup s’était attendu à ce que le démon refuse de s’impliquer dans un problème d’une telle ampleur où rien de bon ne risquait d’en ressortir…

Pourtant, Antonio se fit prendre au dépourvu quand Aza accepta de l’aider sans presque aucune hésitation malgré son air pensif… mais la lueur déterminée qui brilla ensuite dans le regard noir de son vis-à-vis finit par convaincre totalement le loup que ce démon serait des siens.

Une telle détermination… une telle dévotion… alors qu’il n’était même pas un lycan... alors qu’il n’était même pas de Venise… alors qu’il n’était rien pour Antonio et encore moins pour les Princes…

Comment pouvait-on donner tant de soi pour une chose ou pour quelqu’un que l’on ne connaissait pas ?

Une chaleur bienfaisante réchauffa la poitrine du loup, une chaleur qu’il n’avait plus depuis très longtemps ressenti jusqu’à ce que cet étrange démon déboule dans sa vie… et soudainement, Antonio avait une irrésistible envie de serrer fortement ce démon dans ses bras et le protéger du monde extérieur… de son monde qui était bien trop sombre et dangereux pour une créature comme Aza.

Ce démon qui avait l’air trop gentil et innocent pour son propre bien et qui venait de sceller définitivement son destin en acceptant la demande d’Antonio. Est-ce que le loup avait le droit de faire ça ?

Le bien de la Meute devait passer en priorité, surtout la survie des Princes. Rien ne devait entacher sa mission et quand il avait proposé cela à Aza, il avait avant tout pensé à la réussite de la mission. Mais maintenant que le démon avait accepté, le loup était victime de remords.

Avait-il le droit d’imposer ça à cet innocent démon ?

Avait-il le droit de le conduire à une mort certaine si les choses dérapées ?

Avait-il le droit de condamner son innocence dans un conflit sanglant ?

Prit d’une soudaine impulsion, Antonio rejoignit Aza en quelques enjambées et baissa ensuite la tête pour le regarder dans les yeux. L’odeur exquise du démon revint enflammées ses sens alors qu’il levait une main pour effleurer avec la légèreté d’une plume l’arrondie d’une des joues du brun.

« - Merci. » Souffla-t-il d’une voix basse. « - Et je te promets que quoi qu’il arrive, aucun mal ne te sera fait là-bas. »

Je te protégerais.

Quoi qu’il arrive, je te protégerais au péril de ma vie.

Voilà la promesse intérieure que se fit le loup alors qu’il abaissait sa main et reculer légèrement du démon.

Prenant conscience de son geste et de la tournure de sa phrase, il se détourna d’Aza, une légère coloration rouge venant prendre possession de ses joues.

« - Je pense que nos poursuivants ont dû suffisamment s’éloigner maintenant. » Déclara-t-il soudainement, changeant complètement de conversation. « - Partons. »

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Soirée épique [ PV Antonio ]

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